02/03/2008

Atelier Au Bord Elles - Mardi 26 février 2008 - « Joyce Mansour, une étrange demoiselle » - 20 min

Joyce Mansour fiorita come la lussuria
Poèmes de Joyce Mansour – Sélection.

Au-dessous de la baignoire, la mer
Le gaz ouvre son bec à la nuit
La Sarrasine
Le bijou nomade
L'enfance du hasard et sa mère*
L'humus de l'épouse infidèle
Paysage sanglant
Le frisson des ifs
La langue hivernale
Papier de verre
Crevasses et orgie
La naufragée dans son bain
La buée sans fleurs
Lire l'Afrique
Le squelette hors de ses gonds
Fonction de l'orgasme (Reich)
Le champ des paupières
le mépris est un fromage de chèvre
Tu vois--je m'amuse toujours autant.
Courageusement?
Courageusement parce que "cour" comme dans "cour et jardin".
Age: le nôtre, donc toujours les jardins.
"Sement" se passe de commentaires: "semence," ou "ils sèment". Jardins, jardins, jardins. Reste le "U":--en anglais se prononce "You", ce qui me ramène à toi... (Ceci pour expliquer ce "courageusement" qui ne veut rien dire dans l'occurrence...
"
TITRES J. M. POUR P. A.
Les hommes creux
Irréelles
Meurtre dans la cathédrale
Les bras droits
Ail et saphirs
Le montagnard
La guerre des rois
Deux ans après le déluge
Bitume et ciment
ENCORE. . .
Tristes corbeaux
L'équarrisseur aux bras nus*
Figure vue de face
Dos du grand guerrier nu
Idées de départ
Sur la terrasse, l'angoisse
Records de sagesse
En français dans le texte
Circulation interdite rue de Belles-Feuilles*
Zone de pluie ou neige
Front chaud, Front froid
Comité d'experts sans roue arrière
Changement de direction
Le réveil du Paresseux
L'habitué des champs de bataille, le corbeau
Chambre de notaire
Jardin planté d'arbres fruitiers
Le doux pèlerinage
Petites nouvelles du fleuve
Au pas! Les baladins
Le chapeau de la tortue
Plantes marines et pétroliers lésés
Aile de mer
Cloches à plonger
Goulu du mère et père
Anémone de couleur rose
Invasions de la mer
La démarche de la tortue grossière
Le hoquet du poisson crapaud*
Statues honorifiques de provenance hellénistique
De la raideur dans le regard
A la hauteur des yeux*

Suite au prochain numéro
Le sol squelettique
Le ciel n'a pas partout la même densité
Ferventes hécatombes
L'humus bleu*
Le complexe d'Abraham
Corbeau de toutes les couleurs*
Voyeur de grand chemin
Continent à la dérive
Le Voyeurgeur
L'île au creux de la vague
L'île en creux*
La mort violette
Le crâne de Mozart enfant
Ames et bitume
Couple dans un jardin
Oléoduc et arbres de Noël
Pas de géant
La grande cicatrice atlantique
Ceinture de feu
Le temps comme toujours
Les habitants du mirage
Les morts peints en rouge
Le combat des chameaux volants
Quelques amuse pierres
Quelques lance gueules
Lac de Chine*
Voyage en kaléidoscope
En s'élançant vers le nord
La serpente (rue de Hautefeuille)
La fontaine de soif
Incendies spontanés
Le grand jamais*
Toujours du bois, cher Pierre
Bon vent aussi à tous les deux
Figurines de cire ou de bois
Aimants mobiles
Vis sans fin
Crêtes actives
Machine à découdre (le temps)
Quand tombe l'après-midi
Erasme et le sécateur
Le baleine et le sextant*
Les vrilles de la vigne
L'espace d'une rue
L'autre versant
De minuit à minuit
L'oeil de la nuit oscille
Arène*
L'itinéraire du feu
"Où ai-je la tête?" dit le dictateur
Le chapeau épinglé sur la plage
Fin de journée en...
Ivan en Afrique*
Sir Charles traça les lignes générales
L'heure de la tempête
Et l'armée elle-même...
Echec et choc au roi et à la reine
La question des cancrelats
 

© Joyce Mansour

*Les astérisques indiquent les titres utilisés par Pierre Alechinsky pour des peintures et dessins.

POEME:
Quel phallus sonnera le glas
Le jour où je dormirai sous un couvercle de plomb
Fondue dans ma peur
Comme l’olive dans le bocal
Il fera froid métallique et laid
Je ne ferai plus l’amour dans une baignoire émaillée
Je ne ferai plus l’amour entre parenthèses
Ni entre les lèvres javanaises d’un gazon de printemps
J’exsuderai la mort comme une moiteur amoureuse
Cernée assaillie par des visions d’octobre
Je me blottirai dans la boue

Faire signe au machiniste (1976), Joyce Mansour

Joyce Mansour
Livre de référence: Joyce Mansour, une étrange demoiselle

de M.-L. Missir: En 1956, Joyce Mansour (1928-1986) quitte définitivement l’Égypte pour la France. À Paris, elle retrouve les surréalistes. Avec André Breton elle parcourt les puces et les galeries en quête d’objets insolites. Elle participe activement au mouvement tel qu’il se réinvente alors, apportant d’abondantes contributions aux expositions, revues et autres jeux quotidiens du groupe. Son œuvre à la fois ludique et violente, ses « histoires nocives » et ses « contes pour hommes faits », font d’elle le dernier grand poète surréaliste du XXème siècle.
Quelques clichés nous montrent cette femme élégante, d’une beauté troublante, fumant le cigare au milieu de ses splendides collections de tableaux ou d’objets océaniens. Son salon fut à Paris, comme ceux de Marie-Laure de Noailles et de Lise Deharme, un lieu de rencontre mondain pour les artistes de passage mais aussi pour la haute société parisienne. Banquiers et industriels y croisaient ses amis : Henri Michaux, André Pieyre de Mandiargues, Pierre Alechinsky, … Abondamment illustrée, s’appuyant sur les archives laissées par Joyce Mansour (correspondances et inédits) et sur les publications surréalistes, cette biographie révèle l’étonnante personnalité de l’« étrange demoiselle ». Marie-Laure Missir suit avec passion cet itinéraire insolite tout en proposant une histoire inédite du surréalisme d’après-guerre.


Lecture de quelques poèmes de Melle Mansour dont celui qui débute par: "Au-dessous de la baignoire, la mer
Le gaz ouvre son bec à la nuit…"
    


calligramme
CONTRAINTE :

A la manière de Joyce Mansour dans ces poèmes automatiques, confectionnez une mélodie, une litanie (énumération, répétition, mots décalés, néologismes, rupture de rythme, éboulements de syntaxe, dislocation usant d'utopie personnelle au sein d'un nouveau langage…), récupérez votre rapport au chaos, à la magie, à l'éruption du souffle.

Employez la répétition,
choisissez de nombreux lieux variés (à détruire, à construire, à vivre), nommez des images, des clichés, des souvenirs, tissez des liens, désignez des extractions de dents, des comprimés de silice, des crottes de chien, des ressorts rouillés, des vibrations, des sexes mous, des murs ronds, dessinez des calligrammes visuels, sonores ou récités, mélangez vos mots en une entité nouvelle, sans balises.

En clair, c'est l'accumulation et la répétition, ainsi que la liberté du rythme qui vont instaurer le corps du texte et non la structure comme dans un poème classique ou une narration.
Donc, celui qui entend/écoute reçoit les vibrations, les répercussions plutôt que le son exact du texte.
Un exercice Surréaliste, de révélation de l'inconscient, si on croit aux vertus de la vitesse, du lâcher prise et de l'abondance, pour celui qui écrit et celui qui lit/entend.
 Entres les lignes et les mots, ne respirez que si vous en avez vraiment besoin.    BREF, une transe s'impose.  TRANSE soufie

17:08 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

L’œil
L’œil
L’œil
L’œil
Œil
Ecoute le jour,
Puis sans sel,
Ni même autres choses,
L’enflammante farandole,
Cavalcade culottée,
Nez chapeau, sur le gris des gens,
L’œil
L’œil
L’œil
M’accueille,
M’éceuille,
M’accouche,
Divers,
Ne me libère,
L’œil
L’œil, et cueille
Du sur plus,
Plutôt que pas assez.

Du sable vert
Au vent moisi,
Du regard calme
Au chant de mai,
L’aiglon tisse la toile aux portillons des défaillances
Congénitales.
Il était,
Vaguement loup,
Vaguement loupe,
Vaguement louche,
Vaguement look,
Un petit quelque chose,
Quelque part, quelqu’un,
Là.

Écrit par : Ox | 06/03/2008

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