23/04/2008

Atelier animé par Archi le samedi 5 Avril 2008 - Frontières linguistiques - Jean Ray

Jean RayJean Ray (pseudonyme) est un écrivain belge bilingue : il est Jean Ray lorsqu'il écrit en Français et John Flanders lorsqu'il écrit en flamand.De son vrai nom Jean Raymond Marie de Kremer, il est né le 8 juillet 1887, à Gand, où il a fait ses études. Selon la légende, qu'il a lui même répandue via quelques interviews, il se serait engagé comme marin et aurait fait le tour du monde, participant à de la contrebande d'alcool durant la prohibition aux États-Unis.
En 1925, il fait paraître Les contes du whisky, son premier recueil de nouvelles. En 1927, il est condamné pour "abus de confiance". Il fera deux ans de prison et se retrouvera isolé et abandonné par sa famille et ses amis. Il entamera alors une collaboration plus ou moins anonyme avec plusieurs journaux et revues. C'est ainsi qu'il créera le pseudonyme de John Flanders en 1928. Il sort de prison en février 1929.
En 1932 paraît son deuxième recueil : La croisière des ombres qui ne connaîtra aucun succès malgré la grande qualité des textes qui le composent. On peut raisonnablement penser que cet échec est le résultat de la médiatisation autour de son nom en 1927. Toujours en 1932, il s'investira dans la série de fascicules populaires : Harry Dickson; il n'a pas créé la série à l'origine, il ne fut en fait -au début- que traducteur des aventures d'un "Sherlock Holmes américain", de l'allemand vers le néerlandais (apparition du nom de "Harry Dickson"), puis vers le français. À la longue, il finit par trouver les textes d'origine si médiocres qu'il obtint l'accord de son éditeur pour réécrire les histoires à condition qu'elles respectent le titre et le dessin de couverture des recueils originaux. 103 aventures seront ainsi entièrement de sa main sur les 178 fascicules parus.
Pendant les années de guerre. Il fera partie d'un groupe d'écrivains qui s'associent pour pouvoir publier : "Les auteurs associés" et y publiera son plus fameux roman, Malpertuis (1943), mais aussi: Les cercles de l'épouvante, Le grand nocturne, Les derniers contes de Canterbury et La cité de l'indicible peur. Il ne cessera d'écrire jusqu'à sa mort le 17 septembre 1964, dans sa ville natale de Gand. Au nombre de ses recueils de nouvelles figure Les contes noirs du golf, série de récits noirs sur ce sport produit pour un journal sportif.
Jean Ray occupe la place la plus importante au sein de l'école belge du fantastique. Son œuvre se caractérise surtout par des histoires peuplées de fantômes et de créatures de l'au-delà; la peur en est le moteur principal. Son écriture baroque doit beaucoup au roman gothique anglais du XVIIIe siècle et à Edgar Allan Poe. 

LECTURES

Extrait de Le Grand Nocturne, p. 15
Extrait de Les Cercles de l’épouvante, p. 233
Lecture d’un texte de Henry Vernes, pp. 355-356 Jean Ray MALPERTUIS

CONTRAINTE

Le fantastique occupe traditionnellement une place qui l’apparente à la large production. Même si des écrivains « classiques » (lus en classe), s’y sont attaqué (Par ex : Maupassant), il reste caractéristique d’une écriture en marge des chemins traditionnels de la reconnaissance littéraire.
La volonté de vouloir émerger à travers un genre considéré comme mineur est une stratégie typique des écrivains n’ayant pas accès aux instances traditionnelles de légitimation du champ.
Par ailleurs, la Belgique a, à travers ses écrivains symbolistes, cultivé une tradition « brumeuse », liée à l’imaginaire des campagnes flamandes. Ces ruelles noyées d’obscurité pluvieuse sont l’endroit rêvé pour faire naître des fantômes.
 
Pour cet exercice, au moyen d’un terrible effort d’imagination, vous allez vous représenter une Belgique noyée sous la pluie. Les conditions climatiques de ce pays fantasmé sont telles qu’on n’y croise que des silhouettes transies, se hâtant dans les rues pour retrouver la sécurité de leur fauteuil, à côté d’une bonne flambée.

Plantez un décor tel que les fantômes des environs seront prêts à faire la file pour en devenir locataires.

12:54 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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