15/12/2008

Consignes de l'atelier pop, road & beat - tenir à son papier comme à sa vie...

Helen Chadwick machine
Tenir à son papier comme à sa vie. La vie e(s)t un long fleuve tranquille…

 « Faites-vous apporter de quoi écrire, après vous être établi en un lieu aussi favorable que possible à la concentration de votre esprit sur lui-même. Placez-vous dans l’état le plus passif, ou réceptif que vous pourrez. Faites abstraction de votre génie, de vos talents et de ceux de tous les autres. Dites-vous bien que la littérature est un des plus tristes chemins qui mènent à tout. Ecrivez vite sans sujet préconçu, assez vite pour ne pas retenir et ne pas être tenté de vous relire. La première phrase viendra toute seule

Page 268 de « la nuit remue » de Michaux

Michaux préfère l’idée de la conception du rêve, du rêve qui parle pendant le réel, plutôt que le conscient qui laisse clairement la place à l’inconscient, pour Michaux, tout est possiblement conscient.
Pour Michaux, ce que d’autres appellent l’inconscient, c’est pour lui, l’invention et l’imagination. Il n’y a pas de « dictée magique » pour Michaux, juste un esprit plus ouvert, plus perméable. (Rappelons que Michaux peint, dessine, compose aussi).

Sur une consigne d’Elizabeth Bing [1], laissez aller votre stylo sur le papier sans jamais lever la main, sans corriger, sans ponctuer, sans raturer. La vitesse est la vôtre.
La source est la main, plus que l’idée.

kim joon party mandarina duck
Pour vous aider (ou vous contraindre), un alpha et un oméga :

Début de votre texte :
«  Je hais les voyages et les explorateurs…
[2] »
Milieu : votre texte qui suit le début imposé
Fin de votre texte : « Les choses ont une vie bien à elles, (…); il faut réveiller leur âme, toute la question est là. »
[3]

En ayant lu le début et la fin, une histoire est déjà en création, à vous de poursuivre et d’élaborer.

Rappel : 15 minutes – thé, douceurs et café à volonté – fumette dans la rue

(illustration de Kim Joon)

[1] Inventrice de l’Atelier d’Ecriture dans sa forme actuelle, il y a 30 ans. Historique sur http://www.ateliersdecriture.net/asso-historique

[2] Tristes Tropiques, (1955), Claude Levi-Strauss:

[3] Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Marquez

17:08 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Je hais les voyages et les explorateurs. Tous les premiers arrivés. Tous ces faiseurs et ces hâbleurs qui s'enorgueillissent d'avoir été là où les autres n'étaient pas, d'avoir fait quelque chose de neuf. D'être sortis des sentiers battus. D'avoir navigué en eaux vierges. Oui, je hais les dépuceleurs en tous genres, les parangons de la pureté asservie. Les mastodontes qui arpentent les sommets pour imprimer sur la neige l'empreinte de leurs grosses pattes. Mort aux mammouths ! Ceux qui ont inventé ceci ou cela, un nouveau cocktail, l'écriture sans lettres, la machine à boudin, le ski aérien, la luge à hélium, le stylo cercle, les palmes orchestre. Je hais les prix Lépine, les Colomb, les monomaniaques de la forêt profonde , de la banquise branlante. Laissez le monde tranquille. Foutez-nous la paix. Restez chez vous. Terminus, tout le monde descend. Laissez les étoiles briller tranquille sans vouloir y planter vos drapeaux. On se passera de vos clichés sensationnels. On se contentera du quotidien : les choses ont une vie bien à elles, il faut réveiller leur âme, toute la question est là.

Écrit par : archi | 02/01/2009

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