29/01/2009

Atelier Identité Noire I: "Ecrire Nègre" - 20 & 27 janvier 2009 - Consigne II: Senghor, griot universel

senghorExtraits:

«Je ne sais en quels temps c'était, je confonds toujours l'enfance et l'Eden. Comme je mêle la Mort et la Vie - un pont de douceurs les relie » 
                                   Éthiopiques (lexique des termes africains
[1])

 

Elégie de Minuit

« (…) Seigneur de la lumière et des ténèbres

Toi seigneur du cosmos, fais que je repose sous Joal-l'Ombreuse

Que je renaisse au Royaume d'enfance bruissant de rêves

Que je sois le berger de ma bergère par les tanns de Dyilôr où fleurissent les Morts

Que j'éclate en applaudissements quand entrent dans le cercle Ténin-Ndyaré et Tyagoum-Ndaré

Que je danse comme l'athlète au tamtam des Morts de l'année. (…)  »

 

koraElégie des saudades  (A Humberto Luis Barahona de Lemos)

« J'écoute au fond de moi le chant à voix d'ombre des saudades. Est-ce la voix ancienne, la goutte de sang portugais qui remonte du fond des âges ? Mon nom qui remonte à sa source ? Goutte de sang ou bien Senhor, le sobriquet qu'un capitaine donna autrefois à un brave laptot ? J'ai retrouvé mon sang, j'ai découvert mon nom l'autre année à Coïmbre, sous la brousse des livres. (…)

Griot + KORA oldContrainte (25 min) :

 

Sur un ou plusieurs des thèmes suivants, inspirez vous des mêmes thèmes que LSS :

la fraternité (dans la vie et dans la mort), le rapport à la nature direct
et soumis, la magie et le rite autour des morts, l’image maternelle de la Femme qui donne naissance, les cycles de vie et de mort, l’Afrique, les racines 

 

Faites vous poète/griot[2]/orateur pour les obsèques (soit)

1-     d’un poète, d’un auteur, d’un autre griot…

2-     d’un(e) élu(e), d’un bourgeois, d’un roi, d’une personnalité politique…

3-     ou soit d’un(e)ami(e) proche, d’un membre de la famille…

 

Selon votre choix, adressez l’audience et les aïeux,
implorez les esprits[3] et les amours, les ennemis et les vautours,
confectionner une épitaphe, une légende orale, qu’elle soit
élogieuse, ironique, plate, fausse ou calomniatrice.

                                griotFrappez Djembé ! Résonnez Kora, chantez[4] !

 

Biographie :

Léopold-Sédar Senghor est né le 9 octobre 1906 à Joal, petite ville côtière du Sénégal.

Issu d'une famille riche, il a une enfance sans problème. Bachelier en 1928, il poursuit ses études à Paris. C'est l'époque où il rencontre Damas et Césaire avec lesquels il établit les fondements de la négritude. Premier agrégé africain de l'université, Senghor est avant la guerre de 39-45, professeur de Lettres.

 Il prend part à la campagne de France, est fait prisonnier en 1940 ; réformé pour maladie, il participe au Front National Universitaire. La même année, en 1945, il est élu député du Sénégal et publie son premier recueil Chants d'ombre. Il est ensuite élu en 1955, secrétaire d'Etat à la présidence du conseil avant de devenir en 1960 le premier Président de la République du Sénégal ; il le restera jusqu'en 1980. Docteur honoris causa de nombreuses universités et associations culturelles, membre de l'Institut de France, le 2 juin 1983 il est élu à l'Académie française. Meurt en 2001. Sa voix sur: http://www.radiofrance.fr/parvis/senghor.htm

 

black identity« L’univers poétique de Léopold Sédar Senghor se présente comme le fruit d’une patiente méditation devant la Croix. Le décor de ses évocations renvoie sans cesse à la culture chrétienne, aux lieux et aux événements bibliques. Le poète se complaît dans la révélation des pratiques d’adoration et des sacrements, surtout ceux de la mort. Les fêtes chrétiennes rythmant la vie des fidèles apportent toute leur ferveur mystique à des existences acquises à la Révélation. Mais, Senghor vit dans une sorte de hantise de l’épreuve de la crucifixion et de son issue dans la joie pascale. Et sa méditation se prolonge dans une représentation eschatologique (Eschatologie : étude des fins dernières de l’homme et du monde (fin du monde, résurrection, jugement dernier…) de la joie du ciel, du bonheur impérissable. On voit ainsi que sa vision se dessine autour du mystère trinitaire et se fonde sur la notion de « grâce gratuite » qui accompagne la conscience du péché. (…) Dans son recueil Elégies Majeures, Senghor utilise une forme ancienne de la poésie lyrique et exprime (…) l’accord de l’homme avec Dieu et le sens du mystère. Tout en reprenant les thèmes centraux de son inspiration (l’amour, la mort, le rôle du poète, la civilisation de l’Universel, etc.), Senghor chante le deuil et la souffrance. Mais, il ne perd pas son optimisme devant le désastre de la violence et de la trahison ou le spectacle de la mort. Par le biais des protagonistes de sa fiction poétique, il magnifie la tendresse, l’amitié et propose des images de la Passion du Christ et du rachat. Dans le cadre d’un dialogue privilégié avec Dieu, où le rêve apparaît comme l’« analogon », le moyen, il met en relation la mort avec son prolongement et sa signification célestes. »

La suite de l’article sur « MORT ET RESURRECTION DANS ELEGIES MAJEURES DE LEOPOLD SEDAR SENGHOR » de l’auteur Birahim THIOUNE sur http://www.refer.sn/ethiopiques/article.php3?id_article=101

 

Bibliographie :

Chants d'ombre (poésie), 1945, Hosties noires (poésie), 1948, Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, précédé d'Orphée noir de J.P. Sartre, 1948., Chants pour Naett (poèsie), 1949. Repris dans Nocturnes sous le titre de Chants pour Signare, Ethiopiques (poésie) 1956, Nocturnes (poésie), 1961, Liberté 1 : Négritude et humanisme (essai), 1964, Elégie des alizés poème avec une lithographie originale de Marc Chagall, 1969. Liberté 2 : Nation et voie africaine du socialisme (essai), 1971. Lettres d'hivernage (poésie), 1973. Paroles (extraits de prose), 1975, Liberté 3 : Négritude et civilisation de l'universel (essai), 1977. Elégies majeures (poésie), suivi de Dialogue sur la Poésie francophone, 1979, La poésie de l'action (essai), 1980. Liberté 4 : Socialisme et planification (essai), 1983. Le recueil intitulé Poème (Ed. du Seuil) comprend, depuis 1964, Chants d'ombre, Hosties noires, Ethiopiques et Nocturnes et Lettres d'hivernage, depuis 1973. Une édition spéciale à l'occasion de la réception de l'auteur à l'Académie française intègre Elégies majeures. Oeuvre poétique, 1990.

Orientation bibliographique :

Jean-Pierre Biondi – Senghor ou la tentation de l’universel, Coll. Destins croisés, Denoël, 1993. Daniel Delas - Poèmes de Léopold Sédar Senghor, Coll. Parcours de lecture, Bertrand Lacoste, Paris 1989.  Armand Guibert - Léopold Sédar Senghor, Coll. Poètes d’aujourd’Hui, Seghers, 1961. Robert Jouanny - Les voies du lyrisme dans les "poèmes" de Léopold Sédar Senghor, Librairie Champion, Paris 1986.  Fernando Lambert – “Lire...” Ethiopiques de Senghor, Présence Africaine, Dakar, 1997. Geneviève Lebaud - Léopold Sédar Senghor ou la poésie du royaume d'enfance, Les Nouvelles Editions Africaines, Dakar-Abidjan, 1976.  Marie-Madeleine Marquet – Le métissage dans la poésie de Léopold Sédar Senghor, Les nouvelles éditions africaines, Dakar, 1983. Josiane Nespoulos-Neuville - Léopold Sédar Senghor, de la tradition à l'universalisme. Le Seuil, Paris, 1988.  Renée Tillot – Le rythme dans la poésie de Léopold Sédar Senghor, Les nouvelles éditions africaines, Dakar, 1979

 



[2] Griot : (du maure giriot, mot désignant une espèce de musicien) en Afrique sahélienne on appelle ainsi la caste spécialisée des gardiens et détenteurs de la littérature orale, mais aussi les chanteurs et les instrumentistes. Poète-chanteur africain dont la spécialité est la narration des récits de la genèse, des généalogies. Mémoire du groupe social, il est aussi musicien, danseur, comédien. Souvent issu des classes inférieures, il fait métier d'imaginaire dont il incarne les fonctions symboliques et opératoires.

[3] L’animisme (du latin animus, originairement esprit, puis âme) est un terme par lequel on désigne la croyance en l’âme et en les esprits. Il désigne ensuite un vaste ensemble de cultes « traditionnels » selon lesquels les éléments de la nature (les pierres, le vent, les animaux) seraient dotés d’âmes ou d’esprits.

20:34 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

O toi, père de son père de son père, parcourant les cieux à la chasse aux nuages, faiseur de pluie, dresseur d'orages,
Ferme lui les yeux sur ce monde visible
Pour que sa lumière interne sonde l'invisible

O toi, père de son père, voguant sur les mers
Retourné à l'eau, ne faisant qu'un avec l'onde
Insuffle lui le vent des esprits
Pour que léger, il flotte en dehors du temps

O toi, son père, seulement parti hier
Déjà enraciné dans la terre rouge et aride des ancêtres
Chuchote lui le chemin au creux de son âme
Pour qu'il ne se perde sur la route des braves

Et moi je n'étais que son ami
Et je lui tiendrai la main
Lorsqu'il traversera le fleuve
Et j'attendrai nos retrouvailles.

Écrit par : Vita | 11/02/2009

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