29/01/2009

Atelier Identité Noire I "Ecrire Nègre" - 20 & 27 janvier 2009 - information: Frantz Fanon

peau noire masqus blancsEXTRAITS De L’OEUVRE DE FRANTZ FANON  - « PEAU NOIRE MASQUES BLANCS »

 

  • dois-je sur cette terre, qui déjà tente de se dérober, me poser le problème de la vérité noire ?
  • dois-je me confiner dans la justification d'un angle facial?Je n'ai pas le droit, moi homme de couleur, de rechercher en quoi ma race est supérieure ou inférieure a une autre race.
  • je n'ai pas le droit, moi homme de couleur, de me souhaiter la cristallisation chez le blanc d'une culpabilité envers le passe de ma race.
  • je n'ai pas le droit, moi homme de couleur, de me préoccuper des moyens qui me permettraient de piétiner la fierté de l'ancien maître.
  • je n'ai pas le droit ni le devoir d'exiger réparation pour mes ancêtres domestiques.
  • il n'y a pas de mission nègre ; il n'y a pas de fardeau blanc.
  • je me découvre un jour dans un monde où les choses font mal ; un monde où l'on me réclame de me battre ; un monde où il est toujours question d'anéantissement ou de victoire.
  • je me découvre, moi homme, dans un monde où l'autre, interminablement, se durcit.
  • non, je n'ai pas le droit de venir et de crier ma haine au blanc.
  • je n'ai pas le devoir de murmurer ma reconnaissance au blanc.
  • il y a ma vie prise au lasso de l'existence. il y a ma liberté qui me renvoie a moi-même. non, je n'ai pas le droit d’ être un noir.
  • un seul devoir. celui de ne pas renier ma liberté au travers de mes choix.

Bibliographie :

http://pedagogie.ac-martinique.fr/lgtfanon/apftz.htm#OUVR...

L'HOMME : UN MARTINIQUAIS COMBATTANT AUX COTES DU FLN ALGERIEN.

Frantz FANON est peu connu dans son pays, la Martinique, car il a passé l'essentiel de sa vie de militant dans sa terre d'adoption, l'Algérie.  FANON est né à Fort-de-France le 20 juillet 1925. Il meurt à Washington le 6 décembre 1961, à l'âge de 36 ans, des suites d'une leucémie. Il est inhumé au cimetière de "Chouhada" (TUNIS). Médecin psychiatre, écrivain, combattant anti-colonialiste, FANON a marqué le XXe siècle par sa pensée et son action, en dépit d'une vie brève frappée par la maladie. FANON fit ses études secondaires au lycée SCHOELCHER, ses études supérieures à la faculté de médecine de Lyon et fut nommé, en 1953, Médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie. Il avait déjà publié, en 1952, "Peaux noires, masques blancs". En 1956, deux ans après le déclenchement de la guerre de libération nationale en Algérie, FANON choisit son camp, celui des colonisés et des peuples opprimés. Il remet sa démission de son poste à l'hôpital et rejoint le Front de Libération Nationale (FLN) en Algérie. Il eut d'importantes responsabilités au sein du FLN, membre de la rédaction de son organe central, "El Moudjahid". Il fut chargé de mission auprès de plusieurs Etats d'Afrique noire, ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana. Il échappa à plusieurs attentats au Maroc, en Italie. Jusqu'à sa mort, FANON s'est donné sans limites pour la cause de la libération des peuples opprimés.

Le combat de FANON ne visait pas seulement la libération de l'homme noir ou du colonisé. Il cherchait à libérer l'homme :

    " Etre responsable dans un pays sous-développé, c'est savoir que tout repose en définitive sur l'éducation des masses, sur l'élévation de la pensée, ce qu'on appelle trop rapidement la politisation. Il s'agit pour le tiers-monde de recommencer une histoire de l'homme. La décolonisation est véritablement création d'hommes nouveaux. Mais cette création ne reçoit sa légitimité d'aucune puissance surnaturelle la "chose" colonisée devient homme dans le processus même par lequel elle se libère. Je ne veux pas chanter le passé aux dépens de mon présent et de mon avenir. Je ne veux pas être esclave de l'esclavage. Je ne veux qu'une chose que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme, c'est-à-dire de moi par un autre. Qu'il me soit permis de découvrir et de vouloir l'homme où qu'il se trouve "

    " FAIRE PEAU NEUVE, DEVELOPPER UNE PENSEE NEUVE, TENTER DE METTRE SUR PIED UN HOMME NEUF ", voilà l'essentiel du message de FANON, un message qui est toujours d'actualité au moment où on assiste à la montée des intégrismes de tous bords, dans un monde d'inégalités où le fossé se creuse entre riches et pauvres, entre nantis et démunis.

    " OUI, IL FAUT COMPROMETTRE TOUT LE MONDE DANS LE COMBAT POUR LE SALUT COMMUN ! "

 

REFERENCES : l’écrivaine Tsitsi Dangarembga « à fleur de peau » et le réalisateur Sembène Ousmane http://www.afrik.com/article7295.html & http://www.rfi.fr/fichiers/MFI/CultureSociete/1110.asp & aussi : Aimé Césaire, Edouard Glissant, Ernest Pépin, Gisèle Pineau, Maryse Condé ,  Patrick Chamoiseau, Raphaël Confiant, Simone Schwarz-Bart…

Livre sur fanon Frantz Fanon : humain, trop humain - Frantz Fanon : portrait par Alice Cherki chez Seuil : http://www.afrik.com/article1416.html

24/01/09 aUx Halles de Schaerbeek : Décolonisation des peuples, libération des esprits : Une journée à l’écoute de Frantz Fanon, grand penseur et militant de l’anticolonialisme, avec des psychiatres, psychanalystes et philosophes d’ici et d’ailleurs. Psychiatre et psychothérapeute, Frantz Fanon (1925-1961) ne dissocia jamais la réflexion issue de sa pratique clinique des finalités de sa lutte pour l’émancipation des peuples et des esprits. Avec une incisive finesse, il ne cessa de montrer à quelles blessures de l’âme aboutissaient l’expropriation culturelle et matérielle inséparable de la prédation coloniale. Loin d’avoir vieilli, son œuvre reste d’actualité : on n’en finirait pas aujourd’hui de réécrire Peau noire, masques blancs (Seuil, 1952).  Pour ce métis de La Martinique, élève d’Aimé Césaire (1913-2008), il y a totale cohérence entre son travail en psychothérapie institutionnelle à l’hôpital de Blida, et son engagement politique aux côtés du peuple algérien. De nos jours, tout au contraire, le manuel de psychiatrie américain intitulé DSM-IV (sécrété par l’idéologie néolibérale et pratiquement imposé aux psychiatres du monde entier) ne se soucie guère du sens – individuel ou collectif - de la souffrance psychique. La pensée psychopathologique s’y voit proscrite : il ne reste plus que des «troubles» (disorders) et des méthodes pour les éliminer. Or, un désordre plus grand nous menace. Rarement système économique aura ruiné autant que le nôtre le délicat tissu social qui, en protégeant l’identité et les biens de chacun, tempère la violence de tous. A l’heure où certains états «démocratiques» réhabilitent la torture, il est urgent de recommencer à penser. Nous mettre à l’écoute de Fanon ne relève ni du luxe, ni de la nostalgie.
PROGRAMME

-  10h50 Francis MARTENS, APPPsy «La psychiatrie doit être politique» : Frantz Fanon vs. DSM-IV  
-  11h Bachir RIDOUH professeur de psychiatrie à l’université de Blida, CHU «Frantz Fanon», Algérie Genèse d’un film -  11h30 film : Frantz FANON, Mémoire d’Asile ( 53’ )réalisation d’Abdenour Benzahzah et Bachir Ridouh, Algérie, 2002   
-  12h30 Ari GOUNONGBÉ, APPPsy :
Négroïsme comme égoïsme

 -  14h20 Alice CHERKI, psychiatre, psychanalyste, Paris, France – Algérie Fanon aujourd’hui 
-  15h10 Paroles de Fanon, paroles de Césaire

lecture par Rachel KRAMERMANN - ponctuation à l’oud par Tristan DRIESSENS 

-  15h55 Pierangelo DI VITTORIO, philosophe, université de Bari, Italie De Fanon à Basaglia :  le tournant éthique de la psychiatrie  
-  16h45 table Ronde et débat : Libérer la pensée avec Charles Burquel (LBFSM), Alice Cherki, Pierangelo Di Vittorio, Ari Gounongbé (APPPsy), Francis Martens (APPPsy), Eric Messens (APPPsy ; LBFSM), Bachir Ridouh, Fabienne Verstraeten (Halles) 
 

20:12 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.