09/03/2009

Atelier Identité Noire II "Ecrire Nègre" - quelques auteurs afro-américains

21-25 février 2009 038Liste non-exhaustive d’auteurs africains-américains :

 

Countee Cullen (30 mai 1903–9 janvier 1946) était un poète afro-américain, adopté par le révérend Frederick Ashbury Cullen. Il fut élevé dans le quartier de Harlem à New York et reçut une éducation méthodiste. Il fut diplômé de la New York University en 1923 et publia ses poèmes dans The Crisis et Opportunity.

 

Richard Nathaniel Wright, né le 4 septembre 1908 à Natchez (Mississippi) et mort le 28 novembre 1960 à Paris, est un écrivain et journaliste afro-américain. Il a été le premier écrivain noir à écrire un roman à succès.

Petit-fils d'esclave, Richard Wright passe une enfance difficile à Jackson, Mississipi, abandonné par un père alcoolique et élevé par sa mère. En 1927, il déménage à Memphis et c'est à cette époque qu'il découvre l'œuvre de H. L. Mencken. Après avoir exercé de multiples petits métiers, il part en 1934 pour Chicago où, en 1935, il commençe à collaborer au « Federal Writers' Project ». En 1938, il publie le recueil de nouvelles Uncle Tom's children (Les enfants de l'oncle Tom) qui fut récompensé par le « Guggenheim Fellowship » l'année suivante. Membre du Parti communiste des États-Unis d'Amérique dont il se distancie au début des années 1940, son œuvre est marquée par la condition des Noirs aux États-Unis ainsi que par les dangers du fondamentalisme religieux. Après la Seconde Guerre mondiale, il s'installe avec sa famille à Paris où il se lie avec Jean-Paul Sartre. Il y vécut jusqu'à sa mort, le 28 novembre 1960. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 87).

Native son (Un enfant du pays), son œuvre la plus connue, écrite en 1940. C'est un roman dramatique mettant en scène un jeune Noir américain, Bigger Thomas, idéaliste et voulant sortir de sa condition, dont la vie se terminera dans le sang. Il a été porté deux fois à l'écran, en 1951 et en 1986, la première fois réalisé par Pierre Chenal avec lui-même dans le rôle principal. Black boy, œuvre autobiographique écrite en 1945 racontant son enfance dans le sud ségrégationniste.

The Outsider (Le transfuge), roman d'inspiration existentialiste (1953).

White man, listen!, recueil de conférences prononcées en Europe (1957).

Eight men, recueil de nouvelles publié peu après sa mort en 1960.

American hunger, œuvre autobiographique posthume dans laquelle il retrace ses problèmes avec le Parti communiste (1977).

 

Article sur l’auteur dans Le Monde Diplomatique : http://www.monde-diplomatique.fr/2003/08/CORYELL/10358

 

Maya_Angelou & HenryMaya Angelou, de son vrai nom Marguerite Johnson, est une poétesse, écrivain, actrice et militante afro-américaine née le 4 avril 1928 à Saint-Louis, Missouri (États-Unis). Elle est une figure importante du mouvement américain pour les droits civiques. Elle est devenue une figure emblématique de la vie artistique et politique outre-Atlantique où ses livres sont au programme des écoles. Elle naît à Saint-Louis dans le Missouri et encore bébé part avec ces parents et son frère ainé en Californie. Mais comme de nombreuses familles noires ayant émigré au nord ou à l'ouest, les parents font face à la pauvreté et ne peuvent subvenir à leurs besoins. Ils sont envoyés chez leurs grand-parents à Stamps dans l'Arkansas, un état du Sud alors profondément raciste. Elle retourne plus tard en Californie où, bonne élève, sa mère l'inscrit dans une école privée, première noire à la fréquenter. Avant ses 20 ans, Maya Angelou a travaillé comme cuisinière, danseuse et chanteuse en Californie et a élevé seule son fils Guy. Elle s'installe ensuite à Harlem. Elle épouse le Sud-africain Vusumzi Make, compagnon de lutte de Nelson Mandela et vit quelques années en Égypte puis au Ghana où elle côtoie Malcom X. Elle rentre aux États-Unis en 1965 pour travailler avec lui lorsque celui-ci est assassiné. Elle est ensuite la coordinatrice de la section new-yorkaise de l'organisation de Martin Luther King. Elle va se mettre à écrire après son assassinat (Martin Luther King est abattu alors qu'elle fête son quarantième anniversaire), poussée par l'écrivain de Harlem James Baldwin. Elle a beaucoup voyagé et parle anglais, français, espagnol, italien et arabe. Depuis 1981, elle vit à Winston-Salem en Caroline du Nord où elle tient la chaire d'études américaines à l'université de Wake Forest. Elle possède également une résidence à Harlem. Maya Angelou est connue pour ses œuvres autobiographiques I Know Why the Caged Bird Sings (1969) et All God's Children Need Traveling Shoes (1986). Son recueil de poèmes Just Give Me a Cool Drink of Water Fore I Die (1971) a été proposé pour le prix Pulitzer. En 1993, Maya Angelou a lu son poème On the Pulse of Morning à la demande de Bill Clinton lors de son discours inaugural. De plus, en 2008, comme de nombreux leaders afro-américains historiques elle a apporté son soutien à Hillary Clinton lors des primaires du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine avant de se ranger du côté de Barack Obama.

Œuvres : Ses premiers ouvrages traduits en français ont été publiés en 2008 par l'éditeur canadien Les Allusifs avec Tant que je serai noire (sept 2008) et Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage (nov 2008).

Littérature: Autobiographies: I Know Why the Caged Bird Sings, 1969, Gather Together in My Name, 1974. Singin' and Swingin' and Gettin' Merry Like Christmas, 1976. The Heart of a Woman, 1981. All God's Children Need Traveling Shoes, 1986. A Song Flung Up To Heaven, 2002. The Collected Autobiographies of Maya Angelou, 2004.

Poésies: Just Give Me a Cool Drink of Water 'Fore I Diiie, 1971.  Oh Pray My Wings are Gonna Fit Me Well, 1975.  Still I Rise, 1978.  Shaker, Why Don't You Sing, 1983. Now Sheba Sings the Song, 1987.  I Shall Not Be Moved, 1990. "Life doesn't frighten me", 1991

"On the Pulse of Morning", 1993.[5] The Complete Collected Poems of Maya Angelou, 1994.

Phenomenal Woman: Four Poems for Women, 1995. "A Brave and Startling Truth", 1995.

"From a Black Woman to a Black Man", 1995. "Amazing Peace", 2005. "Mother, a Cradle to Hold Me", 2006. "Celebrations, Rituals of Peace and Prayer", 2006 Poetry for Young People, 2007.  Maya Angelou's plaque at San Francisco's Jack Kerouac Alley.

Essais: Lessons in Living, 1993.  Wouldn't Take Nothing for My Journey Now, 1993. Even the Stars Look Lonesome, 1997. Hallelujah! The Welcome Table, 2004. Mother: A Cradle to Hold Me, 2006. Letter to My Daughter, 2008

Livres pour enfants: Mrs. Flowers: A Moment of Friendship (selection from I Know Why the Caged Bird Sings), illustrated by Etienne Delessert, 1986. Life Doesn't Frighten Me (poem), edited by Sara Jane Boyers, illustrated by Jean-Michel Basquiat, 1993. Soul Looks Back in Wonder (with others), illustrated by Tom Feelings, 1993. My Painted House, My Friendly Chicken and Me, photographs by Margaret Courtney-Clarke, 1994. Kofi and His Magic, photographs by Margaret Courtney-Clarke, 1996. Maya's World series, illustrated by Lizzy Rockwell, 2004.

Théâtre: Cabaret for Freedom (musical revue), with Godfrey Cambridge, produced at Village Gate Theatre, New York, 1960.  The Least of These (two-act drama), produced in Los Angeles, 1966.  The Best of These (drama), 1966.  The Clawing Within (two-act drama), 1966.  Gettin' up Stayed on My Mind, 1967  Adjoa Amissah (two-act musical), 1967

Sophocles, Ajax (two-act drama), produced at Mark Taper Forum, Los Angeles, 1974.

And Still I Rise (one-act musical), produced in Oakland, Calif., 1976.

Theatrical Vignette (one-act play), 1983. King, (lyrics, with Alistair Beaton) book by Lonne Elder III, music by Richard Blackford, produced in London, 1990.

Films: Georgia, Georgia, 1972. All Day Long, 1974. Poetic Justice (author of poems), 1993.

The Black Candle (author of poems), 2008.

Télévision: Black, Blues, Black (series of ten one-hour PBS programs), 1968. Assignment America (series of six one-half-hour PBS programs), 1975. The Legacy, 1976.

The Inheritors, 1976. I Know Why the Caged Bird Sings, 1979. Sister, Sister, 1982.

Trying to Make It Home, 1988 Maya Angelou's America: A Journey of the Heart (also host), 1988. Brewster Place, 1990-1991. Angelou on Burns, 1996.

Réalisation: All Day Long, 1974.  Down in the Delta, 1998.[6]  And Still I Rise, 1976  Moon on a Rainbow Shawl, 1988.

Actrice de Films et pièces de théâtre : Porgy and Bess, 1954-1955.  Calypso Heat Wave, 1957.  The Blacks, 1960.  Cabaret for Freedom (also produced), 1960.  Mother Courage, 1964.  Medea in Hollywood, 1966.  Look Away, 1973.  Poetic Justice, 1993.  There Are No Children Here, 1993.  How to Make an American Quilt, 1995.  The Journey of the August King (narrator), 1995  Elmo Saves Christmas (narrator), 1996  The Amen Corner, 1999.

Madea's Family Reunion, 2006.  The Black Candle (narrator), 2008.

 

21-25 février 2009 040Toni Morrison, de son vrai nom Chloe Anthony Wofford, née le 18 février 1931 à Lorain (Ohio, États-Unis), est une romancière, professeur de littérature et éditrice américaine, lauréate du prix Nobel de littérature en 1993. Elle a été la huitième femme mais également la première femme noire et finalement le seul auteur afro-américain à recevoir cette distinction.

C’est le roman Beloved, dont l'édition française remonte à 1989, qui a fait connaître Toni Morrison en France. Mais sa notoriété américaine était venue dix ans plus tôt, coup sur coup, en l'espace de deux romans : Sula (1973) et Song of Solomon (1977).

Biographie :

Née dans une famille ouvrière de quatre enfants, Toni Morrison s'intéresse très tôt à la littérature et se passionne en particulier pour les œuvres de Jane Austen et de Léon Tolstoï. Elle s'inscrit à l'Université Howard en 1945 pour étudier la littérature et soutient une thèse sur le thème du suicide chez William Faulkner et Virginia Woolf en 1953 à l'Université Cornell. Après son diplôme, elle entame une carrière de professeur à l'Université de Texas Southern, avant de retourner à Howard (université alors "réservée" aux Noirs).

En 1958, elle épouse Howard Morrison, avec qui elle aura deux enfants. Après son divorce en 1964, elle s'installe à Syracuse puis à New York et travaille comme éditrice chez Ramdon House. Chargée du secteur de la littérature noire, elle contribue à sa promotion, en éditant notamment les autobiographies de Mohamed Ali et d'Angela Davis et une anthologie d'écrivains noirs, The Black Book, en 1973. Parallèlement, elle enseigne l'anglais à l'Université d'État de New York, avant d'obtenir un poste de professeur de littérature à l'Université de Princeton où elle restera en activité jusqu'en 2006. Elle écrit son premier roman, The Bluest Eye, à l'âge de 39 ans. Elle obtient le prix Pulitzer pour Beloved en 1988 et reçoit le prix Nobel de littérature en 1993 pour l'ensemble de son œuvre. L'Académie suédoise voulait ainsi récompenser celle « qui, dans ses romans caractérisés par une force visionnaire et une grande puissance poétique, ressuscite un aspect essentiel de la réalité américaine. »[2] En 2005, elle est nommée docteur honoris causa en Arts et Littérature par l'Université d'Oxford. En 2006, le jury du supplément littéraire du New York Times consacre Beloved « meilleur roman de ces 25 dernières années » et en novembre de la même année, le Musée du Louvre fait de Morrison son invitée d'honneur proposant un programme de lectures, rencontres et conférences avec l'auteur et ses amis artistes, écrivains ou professeurs. Depuis 2002, elle s'investit également dans la littérature pour enfants avec son fils Slade Morrison. Elle a récemment obtenu un poste à la direction du magazine The Nation. Son roman le plus connu et le plus vendu: Beloved, a été adapté au cinéma en 1998 par Jonathan Demme avec Oprah Winfrey, Danny Glover et Thandie Newton dans les rôles principaux.

Œuvre :

Ses romans décrivent la misère des Noirs aux États-Unis depuis le début du XXe siècle et tentent, sur le plan narratif, d'en restituer les voix et le folklore mais surtout d'en recomposer fragment par fragment la mémoire vive, dense, et complexe. Son œuvre, au style épique, cru et rythmé, juxtapose un registre de langue soutenu à un mode d'expression plus orale, argotique et métissée, mêlant de surcroît une peinture historique minutieuse et réaliste de l'esclavage et du ségrégationnisme étasuniens à des éléments narratifs irrationnels, fantastiques, voire merveilleux, pour la plupart inhérents au domaine du conte et des mythes populaires afro-américains. Ses récits trouvent toujours un écho contemporain, évoquant les difficultés internes à l'éthique de la communauté noire qui, outre le racisme et l'extrême pauvreté, se voit déchirée entre l'héritage culturel des ancêtres et le modèle de promotion sociale des Blancs. Ses fictions ont presque toutes pour personnage principal des femmes généralement martyrisées ce qui lui a valu l'étiquette d' « écrivain féministe » qu'elle n'a jamais revendiquée, déclarant à ce sujet : « Cela dévoierait certains lecteurs qui pourraient croire que je me suis engagée dans l'écriture d'un tract féministe. Je ne souscris pas au patriarcat mais je ne crois pas qu'il doive être supplanté par un matriarcat. Je pense que c'est une question de droit équitable et de portes ouvertes sur toutes sortes de choses. »[3].

Opinions politiques : Aux États-Unis, les propos de Morrison concernant Bill Clinton ont fait grand bruit lorsqu'elle a qualifié celui-ci de « premier Président noir américain », expliquant son idée par le fait que « Clinton présente toutes les caractéristiques du citoyen noir : un foyer monoparental, une origine très modeste, une enfance dans la classe ouvrière, une grande connaissance du saxophone et un amour de la junk food digne d'un garçon de l'Arkansas. »[4]. Cette opinion a été adoptée par les supporters de Clinton notamment au Congrès électoral des Noirs américains (en anglais: "The Congressionnal Black Caucus": the CBC)[5] ou au contraire tournée en dérision par ses détracteurs. L'animateur républicain et conservateur Rush Limbaugh fait souvent référence, de manière sarcastique, à l'ancien président en ces termes. Toni Morrison a apporté publiquement son soutien à Barack Obama lors de l'investiture démocrate puis pour sa campagne aux élections présidentielles de 2008.

 Romans

The Bluest Eye (Holt, Rinehart & Winston). Song of Solomon , Tar Baby (Knopf). Beloved (Knopf). Jazz (Knopf). Paradise. Love.

Essais

1992 : Playing in the Dark-Whiteness and the Literary Imagination (Harvard University Press) 1992 : Racing Justice, Engendering Power: Essays on Anita Hill, Clarence Thomas and the Others on the Constructing of Social Reality (Chatto and Windus)

Opéras

1986 : Dreaming Emmet

Littérature pour enfant :Des livres co-signés avec son fils Slade Morrison.

2003 La Cigale ou la fourmi (Who's Got Game?: The Ant or the Grasshopper), fable adaptée d'Ésope et illustrée par Pascal Lemaître, 2003 Le Lion ou la souris (Who's Got Game?: The Lion or the Mouse?)

 

 

Langston Hughes (1er février 1902 – 22 mai 1967) est un poète, nouvelliste, dramaturge et éditorialiste américain du XXe siècle. Sa renommée est due en grande partie à son implication dans le mouvement culturel qui a secoué Harlem dans les années 1920 plus communément appelé Renaissance de Harlem. De son vrai nom, James Mercer Langston Hughes, Langston Hughes naquit à Joplin dans le Missouri d'une mère professeur, Carrie Langston Hughes et de James Nathaniel Hughes. Après son divorce, le père de Langston émigra dans un premier temps à Cuba puis à Mexico en raison du racisme qu'il subissait aux États-Unis. Après la séparation de ses parents, le jeune Langston quitta le domicile familial pour aller vivre chez une de ses grand-mère, Mary Langston à Lawrence dans le Kansas. Mary insistera énormément auprès de Langston sur la fierté raciale du peuple noir. Après la mort de sa grand-mère, il ira vivre avec des amis de la famille, James et Mary Reed pendant deux ans. Cette période de la vie de Langston ne se révèle pas heureuse, bien qu'elle influencera considérablement le poète en devenir, en raison notamment d'une vie agitée . Plus tard, il rejoindra sa mère, qui s'est entre-temps remariée, à Lincoln dans l'Illinois pour finalement s'installer à Cleveland dans l'Ohio où il suivra son enseignement secondaire.

Langston Hughes à Cleveland, Ohio à la fin des années 10. A son école de Cleveland, Hughes participera au journal étudiant et écrira ses premières nouvelles, poésies et pièces de théâtre. C'est durant cette période qu'il découvrira son amour pour les livres. Parmi les références du jeune poète figurent le poète américain Paul Laurence Dunbar ou encore le poète d'origine suèdoise Carl Sandburg. En 1919, Hughes ira rejoindre son père à Mexico pour une courte période caractérisée par des tensions entre les deux hommes qui aménera Langston à faire plusieurs tentatives de suicide. Après avoir terminé son enseignement secondaire en Juin 1920, Langston retournera voir son père afin de convaincre celui-ci de financer ses études à l'Université Columbia. Or, les points de vue des deux hommes divergent: tandis que Langston se voit écrivain, James, le père, espère voir son fils suivre une carrière d'ingénieur. Malgré cela les deux hommes arrivent à se mettre d'accord et il est décidé que Langston étudiera à Columbia aussi longtemps qu'il poursuivra en parallèle des études d'ingénierie. Ses études à Columbia se révèleront relativement concluantes bien qu'il décidéra en 1922 de quitter l'institution ayant subi entre autres le racisme de ses camarades de cours. Sorti de son université, Langston privilégiera les joies de la rue d'Harlem à sa scolarité. Pour vivre, Langston cumule donc les petits boulots comme celui d'équipier sur le S.S Malone qui sillonera durant l'année 1923 les côtes de l'Afrique occidentale et de l'Europe. Après un court séjour parisien, Hughes retournera à Washington où il rejoindra sa mère. De nouveau, Langston cumule les petits boulots avant de devenir l'assistant personnel du professeur Carter G. Woodson à l'Association Pour l'Étude de la Vie et l'Histoire du Peuple Afro-Américain ou "Association for the Study of African American Life and History". Non content des contraintes imposées par le professeur Woodson, Langston passera son temps à écrire. Il quittera finalement son emploi pour celui de serveur dans un hôtel où il fera la rencontre du poète Vachel Lindsay. Impressionné par les quelques poèmes que Langston veut bien lui montrer, Vachel souhaite les voir publier, bien que certains des poèmes de Hughes aient été déjà publiés dans divers magazines et son premier recueil en voie de finialisation. Ses études à l'Université de Lincoln en Pennsylvanie qu'il débutera à la fin des années 20 se voient sanctionnées en 1943 par l'obtention de l'équivalent américain du Doctorat en littérature. Grand voyageur, il multipliera aussi les expéditions à travers le monde bien que se sentant profondément harlémois dans son cœur. Langston Hughes est mort à l'âge de 65 ans, le 22 mai 1967 à New York des suites d'un cancer de la prostate. Ses cendres ont été dispersées à proximité du Centre Arthur Schomberg pour la Recherche sur la Culture Noire situé à Harlem (véritable nom en anglais: "Arthur Schomberg Center for Research in Black Culture"). L'orientation sexuelle de Langston a longtemps été discutée entre des attirances bisexuelle ou homosexuelle mais il est communément admis aujourd'hui parmi ses biographes que certains de ses poèmes "trahissaient" une homosexualité évidente de la même manière qu'un autre poète américain, Walt Whitman.

Acteur majeur du mouvement culturel de l'Harlem Renaissance qui verra émerger toute une série d'artistes noirs, il écrira en 1926 dans l'hebdomadaire politique américain The Nation le texte The Negro Artist and the Racial Mountain que beaucoup considèrent comme le manifeste de l'engagement artistique noir. Traduction libre: Les jeunes artistes Nègres créent aujourd'hui dans le but de s'exprimer notre propre peau noire, à notre manière, sans peur, ni honte Si les blancs sont satisfaits, nous sommes ravis. S'ils ne le sont pas ça n'a pas d'importance. Nous savons que nous sommes beaux. Et laids à la fois. Le tom-tom pleure, et le tom-tom rit. Si les gens de couleurs sont satisfaits, nous sommes ravis. S'ils ne le sont pas, leur mécontentement importe peu non plus. Nous construisons nos temples pour demain,

forts comme nous savons comment, et nous sommes devant la montagne libres à l'intérieur de nous.

Langston dépeint dans ses œuvres de la vie des prolétaires noirs partagée entre joies, désillusions, espoir, etc. le tout teinté de jazz et de blues. Ainsi Hughes dira plus tard: "J'ai cherché à comprendre et à décrire la vie des noirs aux États-Unis et d'une manière éloignée, celle de tout humain". Par son travail, Hughes a cherché à montrer l'importante d'une "conscience noire" et d'un nationalisme culturel qui unit les hommes plutôt que les oppose. Cette fierté a par la suite été reprise par de nombreux hommes de lettres comme Jacques Roumain, Nicolás Guillén , Léopold Sédar Senghor ou encore Aimé Césaire. Langston Hughes, photographié par Gordon Parks, 1943, Library of CongressAprès la publication de multiples recueils de poésies, de pièces de théâtre, d'essais ou encore de scénarios pour le cinéma, Hughes entreprend la rédaction de deux autobiographies sur les encouragements de ses amis: The Big Sea qui sera traduit en français sous le titre Les Grandes Profondeurs par les éditions Pierre Seghers en 1947 et I Wonder as I Wander, celui-là non traduit. Dans les années 50-60, la popularité de Huges parmi les auteurs Afro-Américains a décliné en même temps que celle-ci s'est développée à travers le monde. Il lui a été reproché de n'avoir pas modernisé son discours de la "fierté noire" par rapport à l'évolution de la condition des noirs aux États-Unis qui s'est améliorée à cette période. Néanmoins il reste un modèle pour bons nombre d'écrivains.

Recueils de poésies : The Weary Blues. Knopf, 1926 Fine Clothes to the Jew. Knopf, 1927

The Negro Mother and Other Dramatic Recitations, 1931 Dear Lovely Death, 1931 The Dream Keeper and Other Poems. Knopf, 1932 Scottsboro Limited: Four Poems and a Play. N.Y.: Golden Stair Press, 1932 Shakespeare in Harlem. Knopf, 1942 Freedom's Plow. 1943

Fields of Wonder. Knopf,1947 One-Way Ticket. 1949 Montage of a Dream Deferred. Holt, 1951 Selected Poems of Langston Hughes. 1958 Ask Your Mama. Hill & Wang, 1961

The Panther and the Lash: Poems of Our Times, 1967 The Collected Poems of Langston Hughes. Knopf, 1994

Romans: Not Without Laughter. Knopf, 1930 Popo and Fifina, with Arna Bontemps. 1932

The Ways of White Folks. Knopf, 1934 Simple Speaks His Mind. 1950 Laughing to Keep from Crying, Holt, 1952 Simple Takes a Wife. 1953 Sweet Flypaper of Life,photographs by Roy DeCarava. 1955 Simple Stakes a Claim. 1957 The Best of Simple. 1961 (trad. française: L'Ingénu de Harlem - éd: La Découverte( 2003)) Simple's Uncle Sam. 1965 Something in Common and Other Stories. Hill & Wang, 1963 Short Stories of Langston Hughes. Hill & Wang, 1996

Pièces de théâtres majeures

Mule Bone, with Zora Neale Hurston. 1931 Mulatto. 1935 (renamed The Barrier in 1950)

Troubled Island, with William Grant Still. 1936  Little Ham. 1936  Emperor of Haiti. 1936

Don't You Want to be Free. 1938  Street Scene, contributed lyrics. 1947  Simply Heavenly. 1957  Black Nativity. 1961  Five Plays by Langston Hughes. Bloomington: Indiana University Press, 1963.  Jericho-Jim Crow. 1964

 

Amiri Baraka (de son vrai nom LeRoi Jones) est un intellectuel afro-américain né à Newark (New Jersey) le 7 octobre 1934. À l'avant-garde d'une forme de théatre engagé, LeRoy Jones s'est fait le chantre de la révolte des Noirs américains contre l'ordre, l'hégémonie et la culture blanche. Professeur, poète, critique musical et l'un des dandys les plus notoires de Greenwich Village, ses valeurs morales changent brusquement pour rejeter le fonctionnement actuel de la société nord américaine. Il se joint activement, par la littérature et par l'action, à l'idéologie de la révolution noire. Sa plus grande contribution au mouvement du Black Power est l'ouvrage Le Peuple du Blues (Blues People), où il développe la thèse révolutionnaire que l'évolution du statut des Afro-américains a trouvé un écho dans les modifications de la musique noire. Sa lecture sociale et politique du blues et du jazz a eu une influence très importante dans le domaine des Popular Music Studies.

 


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22:24 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Bonjour,


Je suis étudiant Français. Je recherche des références (livres, liens électroniques...) sur la poésie orale afro-américaine dans la période 1960-1970. Pourriez-vous m'aider dans ma recherche? Je vous remercie de l'aide que vous pourrez m'apporter.

Bien à vous,
Yasin.

Écrit par : Yasin | 31/10/2013

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