09/03/2009

Atelier Identité noire II – Harlem Renaissance

harlem renaissance
La Renaissance de Harlem
est un mouvement de renouveau de la culture afro-américaine, dans l’Entre-deux-guerres. Son berceau et son foyer se trouvent dans le quartier de Harlem, à New York. Cette effervescence s’étend à plusieurs domaines de la création, les arts, comme la photographie, la musique ou la peinture, mais c’est surtout la production littéraire qui s’affirme comme l’élément le plus remarquable de cet épanouissement.

Soutenue par des mécènes et une génération d’écrivains talentueux, la Renaissance de Harlem marque un tournant majeur dans la littérature noire américaine qui connaît une certaine reconnaissance et une plus grande diffusion en dehors de l’élite noire américaine. La littérature et la culture noires atteignent de tels sommets durant cette période que certains désignent Harlem comme la « capitale mondiale de la culture noire ».

Les origines : Il est difficile de donner une date précise pour le commencement de la Renaissance de Harlem. Il est admis qu’elle se manifeste dans l’entre-deux-guerres, c’est-à-dire qu’elle correspond aux années 1920 et 1930. Certains considèrent que la crise de 1929 brise l’élan de la Renaissance de Harlem ; d’autres la prolongent jusqu’à l’entrée en guerre des États-Unis (1941).Depuis l'abolition de l'esclavage en 1865, les Noirs américains sont confrontés à la ségrégation. S’ils ont obtenu le droit de vote, les Afro-américains sont en fait exclus de la citoyenneté dans le Sud du pays : plusieurs états imposent des tests d’alphabétisation ou des critères de fortune pour les écarter du suffrage. Face aux lynchages qui s’intensifient dans les années 1890, face aux discriminations et à la mécanisation de l’agriculture, plusieurs milliers d’Afro-américains quittent le Sud rural pour s’installer dans les villes industrielles du Midwest et du Nord-Est. Dans les années 1920, l’économie américaine est prospère, mais les inégalités sont importantes, et les Noirs figurent parmi les plus pauvres. Seul un petit nombre d’entre eux a réussi à intégrer les classes moyennes et aisées de la société américaine.

Le mouvement de la Renaissance de Harlem cherche à émanciper les Noirs américains ; mais elle n'intervient pas dans un vide culturel total : une littérature noire américaine existe depuis l'indépendance américaine avec des écrivains tels que Frederick Douglass (vers 1818–1895), W.E.B. Du Bois (1868–1963) ou encore Booker T. Washington (1856–1915). Les récits d’esclaves, les essais abolitionnistes ou historiques, les articles de presse et les poèmes constituent cette littérature du XIXe siècle. Mais avec la Renaissance de Harlem, les œuvres se multiplient dans tous les domaines, se diversifient et se diffusent plus largement. Harlem devient le centre renommé de ce nouveau dynamisme, si bien qu'on utilise l'expression « Renaissance de Harlem », en référence à la renaissance littérature irlandaise du XIXe siècle. Harlem au début du XXe siècle. New York attire de nombreux Noirs américains au tournant du siècle. Ils sont confrontés au racisme quotidien et sont rejetés du centre par les Blancs. Ils se regroupent dans le quartier de Harlem, au nord de Manhattan. Dans les premières décennies du XXe siècle, de nouveaux artistes et intellectuels afro-américains affluent vers la Grosse Pomme et la plupart s’établissent ou travaillent à Harlem : l’activiste Marcus Garvey en 1918, le musicien Duke Ellington en 1923 ou encore Louis Armstrong en 1924-1925.

harlem crisisHarlem devient un foyer de création artistique majeur avec l’installation de peintres, de sculpteurs (Richmond Barthé en 1929) et de photographes (James Van Der Zee en 1932). Les conditions de la Renaissance : Plusieurs facteurs permettent d’expliquer cette Renaissance, avec en premier lieu l'existence d'une bourgeoisie noire qui se concentre sur Sugar Hill dans les années 1920. Harlem devient le lieu de rendez-vous des élites afro-américaines de New York, qui accède à cette époque au rang de ville mondiale de la culture.  Ensuite, les universités à l’est de Harlem forment une élite afro-américaine. Par exemple, le journaliste, écrivain et poète Langston Hughes obtient son diplôme de l’université Columbia au début des années 1920. Le City College of New York est ouvert aux plus défavorisés et aux minorités ethniques dès le milieu du XIXe siècle. Le poète et romancier Jean Toomer y fait ses études. D’une manière générale, la plupart des écrivains et artistes de la Renaissance de Harlem ont fait des études supérieures à Harvard ou dans d’autres universités. Enfin, le bouillonnement intellectuel est favorisé par des associations, des organisations et des journaux. Il est soutenu par des mécènes et des protecteurs noirs (Alain Locke) ou blancs : le photographe et écrivain Carl van Vechten (1880–1964) est l’un d’entre eux. On lui doit de nombreux clichés des grandes figures de la Renaissance de Harlem. La presse est un autre vecteur de promotion de la culture afro-américaine. Ainsi, le magazine The Crisis, fondé en 1910 au sein de la NAACP dans les bureaux du New York Evening Post (auj New York Post), publie des pamphlets et des articles des auteurs noirs. Le mensuel fait également connaître les œuvres littéraires d'Arna Bontemps, Langston Hughes, Countee Cullen et Jean Toomer dans les années 1920. Le New York Amsterdam News qui parait à Harlem en 1909, participe à la diffusion des écrits des militants W.E.B. DuBois, Roy Wilkins et Adam Clayton Powell Jr.. Les caractéristiques et les acteurs de la Renaissance de Harlem. L a vitalité de la Renaissance de Harlem se manifeste dans la multiplication des œuvres et leur diversité, ainsi que par leur large succès. Elle passe par une réflexion sur la condition des Afro-américains dans la société américaine. La voie est ouverte au début du XXe siècle par Booker T. Washington (1856–1915) qui souhaite coopérer avec les Blancs pour améliorer progressivement le sort des Afro-Américains6. Cette vision s’oppose à celle de W.EB. DuBois (1868–1963), l’un des fondateurs de la NAACP en 1909, une organisation qui milite en faveur de l’égalité des minorités, qui préfère favoriser l’émergence d’une élite noire. On retrouve les thèmes de l’injustice et de l’intolérance chez d’autres auteurs afro-américain de l’entre-deux-guerres : certaines œuvres de Langston Hughes (1902-1967) prennent une tournure politique, voire idéologique. Le romancier noir Wallace Henry Thurman (1902-1934) dénonce avec réalisme les conditions de vie de ses contemporains. Dorothy West (1907-1998) décrit quant à elle la vie d’une famille noire aisée dans The Living is Easy. La Renaissance de Harlem met en valeur l’héritage africain. La littérature noire américaine s’inspire alors du folklore africain en empruntant aux formes les plus diverses : chants religieux, contes animaliers, superstitions, devinettes. James Weldon Johnson (1871-1938) adapte les structures du sermon noir (protestantisme noir). D’autres auteurs s’intéressent au dialecte afro-américain du sud profond. Landson Hugues utilise le langage du ghetto et les formes du blues.

L’influence du jazz et du blues se lit dans les ballades de Sterling Brown (1901-1989). Dans Héritage, Countee Cullen célèbre le continent africain. Le Jamaïcain émigré à Harlem Marcus Garvey (1887–1940) prône quant à lui le retour des Noirs sur la terre africaine. La reconnaissance de la culture afro-américaine est stimulée par le travail d’historiens noirs tels que Carter G. Woodson (1875-1950) et Arturo Alfonso Schomburg (1874-1938). Surnommé le Père de l'histoire noire américaine, ce dernier rassemble au cours de sa vie un grand nombre d'objets, de manuscrits et de documents rares sur l'histoire noire-américaine. Une partie de cette collection se trouve aujourd'hui conservée au Schomburg Center à Harlem. En 1936, l’écrivain et poète Arna Bontemps décrit la révolte de Gabriel Prosser en 1801 dans son roman Black Thunder. Exaltant la résistance à l’esclavage, il atteste le rôle joué par la communauté noire dans sa propre libération. Les auteurs de la Renaissance de Harlem valorisent l’identité noire américaine : ce programme est esquissé par Alain Locke, dans The New Negro (Le Nouveau Noir, 1925). Alain Locke est un Afro-américain, diplômé en philosophie de Harvard. Dans ses écrits et par son parcours personnel d’intellectuel, il combat les stéréotypes sur le Noir esclave ou sauvage. A Harlem, il aide les artistes, les écrivains et les musiciens noirs de son époque et fait du quartier « La Mecque du renouveau noir ». Ces idées ne sont pas sans rappeler celles de la négritude, définie à la même époque en Afrique de l’Ouest. Mais cette fierté noire est aussi critiquée ou tournée en dérision, y compris par des écrivains noirs comme George Schuyler (1895-1977). En 1931, Schuyler publie Plus de Noir (Black No More), qui raconte l’histoire d’un scientifique qui invente une machine capable de transformer un Noir en Blanc. Il critique à la fois la violence Ku Klux Klan et les excès de la NAACP. Le programme de la Renaissance de Harlem est enfin soumis à débat : la littérature doit-elle être réservée à l’élite noire ou intégrer la culture populaire, entre primitivisme et modernisme. La Renaissance de Harlem connaît dans les années 1920 et 1930 un rayonnement et un succès qui va bien au-delà des USA.

La littérature noire américaine est reconnue et récompensée par des prix littéraires : par exemple, le roman de Claude McKay (1889-1946) Home to Harlem (1928), remporte le Hamon Gold Award for Literature. Une traduction française due à Louis Guilloux paraît en 1932. Le roman, qui décrivait la vie dans les rues de Harlem, allait avoir un impact majeur sur les intellectuels noirs dans les Caraïbes, l'Afrique de l'Ouest, et en Europe.

 Musique

              le jazz

Dans les années 1930, le quartier d’Harlem prend le relais de Chicago pour le jazz 18 : ce courant musical inventé dans le Sud au début du XXe siècle, connaît un grand engouement. Harlem attire alors les plus grands musiciens et les plus grandes chanteuses : William Christopher Handy, Mamie Smith, James Price Johnson, Paul LeRoy Bustill Robeson , Duke Ellington, Louis Armstrong, Count Basie, Fats Waller, Billie Holiday, etc.

              les lieux

Les hauts lieux du jazz sont alors les salles de concert et de bal de Harlem : le Cotton Club n’est ouvert qu’aux Blancs. Les plus grands noms de la Renaissance de Harlem y sont passés : Duke Ellington en 1927, puis Cab Calloway ; bien d’autres artistes se produisent au Savoy Ballroom, le plus connu étant Louis Armstrong ; D’autres endroits accueillent les big band (l’Alhambra, le Roseland, le Connie’s Inn, le Small Paradise).

              le gospel

Les églises protestantes noires sont aussi des foyers de musique : le gospel

Initiateurs de la Renaissance de Harlem :  W.E.B. Du Bois,  Alain Locke, Jessie Redmon Fauset

Militants, Intellectuels, et écrivains : • James Weldon Johnson, diplomate, auteur-compositeur, journaliste, écrivain, et professeur  Marcus Garvey, militant, éditeur  • Zora Neale Hurston, romancière, anthropologiste •  Nella Larsen, romancière  • Langston Hughes, poète, dramaturge  • Jessie Redmon Fauset, éditrice, poète, essayiste et romancière      Countee Cullen, poète  • Claude McKay, poète, romancier  • Arna Bontemps, poète  • Richard Bruce Nugent, essayiste, artiste   Gwendolyn Bennett, écrivain  • Rudolph Fisher, écrivain  • Angelina Weld Grimke, poète, écrivain  • Ann Lane Petry, écrivain  • Dorothy West, écrivain  • Walter White, écrivain, activiste  • Eric Walrond, écrivain  • Sterling Brown, écrivain, poète, professeur  • Richard Wright, écrivain  • Anne Spencer, poète         Jean Toomer, écrivain, poète

Artistes, photographes, et sculpteurs : http://www.itsablackthang.com/African-American-Art-Histor...  

• James Latimer Allen  Richmond Barthé  • Romare Bearden  John T. Biggers  • Edward Burra      Beauford Delaney   Aaron Douglas    Palmer Hayden  • Sargent Claude Johnson  • William H. Johnson   Lois Mailou Jones  • Jacob Lawrence    Archibald Motley         Horace Pippin       Nancy Elizabeth Prophet • Augusta Savage    Ellis Wilson  • Hale Woodruff      James Van Der Zee  • Carl van Vechten  Meta Vaux Warrick Fuller     Roy DeCarava       Henry Ossawa Tanner

 

Artistes du monde du spectacle

              Louis Armstrong          Duke Ellington  • Pops Foster                  Fletcher Henderson

              Luis Russell     Ethel Waters    Paul Robeson                 Charles S. Gilpin            Bessie Smith

              James P. Johnson         Bill "Bojangles" Robinson          W.C. Handy      Eubie Blake

              Florence Mills                Rose McClendon           Ma Rainey        Fats Waller

              Jelly Roll Morton         James Reese Europe   Josephine Baker      Gladys Bentley

              Noble Sissle     Oscar Micheaux            Tim Moore

Lieux symboliques de la Renaissance de Harlem

 

Enseigne de l'Apollo Theater en 2006

 

              Cotton Club     Apollo Theater              Savoy Ballroom             Small's Paradise             Connie's Inn

              Speakeasies     Rent party

 


Proposition d’écriture :

 

Effectuant ses débuts d'écrivain en tant que journaliste pour le journal officiel du NAACP, The Crisis, Langston fait publier en 1926 son premier recueil de poèmes The Weary Blues dont est extrait l'un de ses poèmes les plus célèbre (à écouter sur youtube : Poetry by Langston Hughes - The Weary Blues: http://www.youtube.com/watch?v=KyqwvC5s4n8): The Negro Speaks Rivers (Le Nègre parle des fleuves) dont voici une traduction libre :

 

J'ai connu des fleuves:

J'ai connu des fleuves anciens comme le monde et plus vieux

que le flux du sang humain dans les veines humaines.

Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves..

Je me suis baigné dans l'Euphrate quand les aubes étaient neuves.

J'ai bâti ma hutte près du Congo et il a bercé mon sommeil.

J'ai contemplé le Nil et au-dessus j'ai construit les pyramides.

J'ai entendu le chant du Mississipi quand Abe Lincoln descendit

à la Nouvelle-Orléans, et j'ai vu ses nappes boueuses transfigurées

en or au soleil couchant.

J'ai connu des fleuves:

Fleuves anciens et ténébreux.

Mon âme est devenue aussi profonde que les fleuves.

 

Autres poèmes :

 

MOI AUSSI

Moi aussi, je chante l'Amérique. Je suis le frère à la peau sombre.
Ils m'envoient manger à la cuisine Quand il vient du monde.
Mais je ris, Et mange bien, Et prends des forces.
Demain Je me mettrai à table
Quand il viendra du monde
Personne n'osera Me dire
Alors « Mange à la cuisine ».
De plus, ils verront comme je suis beau Et ils auront honte, -
Moi aussi, je suis l'Amérique.

 

LE BLUES DU DÉSESPOIR (THE WEARY BLUES)

Fredonnant un air syncopé et nonchalant,
Balançant d'avant en arrière avec son chant moelleux,
            J'écoutais un Nègre jouer. En descendant la Lenox Avenue l'autre nuit A la lueur pâle et maussade d'une vieille lampe à gaz             Il se balançait indolent...             Il se balançait indolent...
Pour jouer cet air, ce Blues du Désespoir. Avec ses mains d'ébène sur chaque touche d'ivoire
Il amenait son pauvre piano à pleurer sa mélodie.             O Blues !
Se balançant sur son tabouret bancal Il jouait cet air triste et rugueux comme un fou,
            Tendre Blues ! Jailli de l'âme d'un Noir             O Blues !
D'une voix profonde au timbre mélancolique
J'écoutais ce Nègre chanter, ce vieux piano pleurer –
            « J'n'ai personne en ce monde,             J'n'ai personne à part moi.  J'veux en finir avec les soucis
J'veux mettre mes tracas au rancart. »
Tamp, tamp, tamp ; faisait son pied sur le plancher. Il joua quelques accords et continua de chanter –
            « J'ai le Blues du Désespoir  Rien ne peut me satisfaire. J'n'aurai plus de joie Et je voudrais être mort. »
Et tard dans la nuit il fredonnait cet air. Les étoiles disparurent et la lune à son tour.
Le chanteur s'arrêta de jouer et rentra dormir Tandis que dans sa tête le Blues du Désespoir résonnait.
Il dormit comme un roc ou comme un homme qui serait mort.

 

NÈGRE

Je suis un Nègre :
            Noir comme la nuit est noire,
            Noir comme les profondeurs de mon Afrique.
J'ai été un esclave :
            César m'a dit de tenir ses escaliers propres.
            J'ai ciré les bottes de Washington.
J'ai été ouvrier :
            Sous ma main les pyramides se sont dressées.
            J'ai fait le mortier du Woolworth Building.
J'ai été un chanteur :
            Tout au long du chemin de l'Afrique à la Géorgie
            J'ai porté mes chants de tristesse.
            J'ai créé le ragtime.
Je suis un Nègre :
            Les Belges m'ont coupé les mains au Congo.
            On me lynche toujours au Mississipi.
Je suis un Nègre :
            Noir comme la nuit est noire
            Noir comme les profondeurs de mon Afrique.

 

Pour en savoir plus sur ce poète et sur la « Harlem Renaissance » : http://www.poets.org/,
http://rpo.library.utoronto.ca/poet/172.html] et http://www.nku.edu/~diesmanj/.

 

Proposition d’écriture :

 

Beaucoup d’auteurs afro-américains se définissent africains-américains pour se raccorder à l’Afrique (cf. Panafricanisme[1]) et à son histoire. (cf. No More Prisons soit l’éducation de l’histoire selon les vaincus pour annihiler le complexe d’infériorité dans l’imaginaire collectif noir).


Vous aussi, remontez à une source, une histoire, à l’Histoire
(L'historiographie, l'histoire de l'histoire, a pour objet l'écriture de l'histoire).

Inspirez-vous des histoires connues, imprégnez-vous de celles des vaincus, écrivez une autre Histoire, une utopie (le meilleur), une dystopie (le pire)…  

Racontez l’épopée d’un peuple que vous inventez.  Sa généalogie, ses conquêtes, ses traditions à travers le récit d’un peuple, d’un clan, d’une famille ou d’un seul personnage symbole (pistes).
La fin du texte ne doit pas systématiquement avoir lieu pendant l’atelier mais la lecture se fera.

 

43 min d’écriture – 4 min de relecture – 6 min de lecture – 4 min de commentaires ( ou  presque).



[1] Le panafricanisme se définit comme le mouvement politique et culturel qui considère l'Afrique, les Africains et les descendants d'Africains hors d'Afrique comme un seul ensemble visant à régénérer et unifier l'Afrique ainsi qu'à encourager un sentiment de solidarité entre les populations du monde africain. Le panafricanisme glorifie le passé de l'Afrique et inculque la fierté par les valeurs africaines. Edward Wilmot Blyden (en) (1832-1912) est considéré comme le père du mouvement panafricaniste moderne. Parmi les panafricanistes, on peut citer Marcus Garvey, Henry Sylvestre-Williams, W.E.B. DuBois, Kwame Nkrumah, Fela Kuti, Malcolm X, Nelson Mandela, Steve Biko, Patrice Lumumba, Cheikh Anta Diop, Ahmed Sékou Touré, Julius Nyerere, Bob Marley, Aimé Césaire, C.L.R. James, Abdias do Nascimento, Stokely Carmichael, Pierre Severin Toukoulou, Gamal Abdel Nasser, Mehdi Ben Barka, Thomas Sankara, Maurice Bishop, Frantz Fanon, Houari Boumediène, et plus récemment en Amérique le leader Louis Farrakhan, Moléfi Kété Asanté, Léonard Jeffries, en Afrique les présidents Laurent Gbagbo, Robert Mugabe ou en France le militant radical Kémi Séba.On peut citer des artistes engagés dans la cause panafricaine tels Didier Awadi, Lord Ekomy Ndong, Jah Verity, ou Tiken Jah Fakoly.

Le mouvement Rastafari de Jamaïque est né du panafricanisme. Quand Marcus Garvey a déclaré « Tournez vous vers l'Afrique pour le couronnement d'un roi noir », les Rastas se sont tournés vers Hailé Sélassié Ier d'Ethiopie.

Il existe une autre interprétation du panafricanisme, c'est l'afrocentrisme, qui s'appuie sur les travaux du scientifique sénégalais, Cheikh Anta Diop, notamment repris par Molefi Kete Asante, théoricien afrocentriste, afro-américain, ainsi qu'en France par Jean-Philippe Omotundé, Réné Louis Etilé Parfait. Ce mouvement tente de réexaminer l'histoire de l'Afrique et sa diaspora d'un "point de vue africain" en s'opposant à l'eurocentrisme. Il s'agit d'un retour à des concepts dits traditionnellement africains et à la "culture africaine". La civilisation égyptienne, ainsi que d'autres, sont alors considérées comme puisant leurs origines en Afrique. Des départements d'études panafricaines existent dans de nombreuses universités d'Amérique du Nord depuis les années 1960. Ama Mazama, professeur antillaise y enseigne dans la Pennsylvanie, ainsi que Théophile Obenga professeur congolais y enseigne dans l'état de la Californie.

 

22:34 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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