01/04/2009

Atelier Trou Noir Vs. Page Blanche - Maison de la Francité - Samedi 27 mars 2009 (concours de textes à la clé)

trou noir vs page blancheTrou Noir Vs. Page Blanche.

Convoquer les astres, bons ou piètres, démarrer une mécanique céleste, redessiner une carte du ciel, mélanger les cosmogonies, changer d'atmosphère, bref, provoquer Big Bang II...

À l'aide de petits procédés d'observation, de contemplation, nous créerons une nébuleuse, étoiles et météorites compris, en injectant quelque matière noire sur la page blanche.

Chaque participant sera le satellite d'un autre.

Vous avez apporté un caillou ou un rocher ou un coquillage ou un grain de sable ou une boîte d'air ou un sac d'eau de pluie, ce qui vous passe par les mains, il faut que ce soit un morceau d'élément naturel.

Puis-je prendre des photos pendant les propositions d’écriture ?

 

L’objectif de l’atelier est de vous faire écrire à travers le sens de l’observation, directe et indirect.

Un effet possible de cet atelier serait votre participation au concours de textes proposé par la mdlf (règlement là).

Considérant que l’écriture est un monde.

Considérant qu’un monde a plusieurs niveaux de lecture.

Considérant que « la tête dans les étoiles » est un moyen sublime d’attraper au moins mille de ces niveaux de lecture,

Commençons au début, soit par le…

 

 

 

big-bangBig bang. Voir le monde à travers une seule théorie ?

 

 

Crevez une page blanche (point noir, petit trou, rai filet, béance, …).

Levez la feuille devant vos yeux/votre oeil.

Concentrez vous sur la salle, les autres participants, les choses sur la table.

Ecrivez sur votre carnet, vos autres pages ce que vous apercevez, décelez.

Un (des) participant(s) deviendrai(en)t un (des) personnage(s), la table serait un jardin ou un lit, une chaise serait une voiture, bref, à travers la lorgnette, tout deviendrait autre.

 

Une fois en train de décrire, d’écrire, ne relevez pas votre tête, si votre cou et votre vue a besoin de recul, regardez uniquement à travers votre filtre, votre trou.

 

Texte visionnaire, description sommaire, poème état des lieux, comme vous le sentez.

Ici, pas de narration obligatoire, peut-être quelques bribes, sauf si la fiction et l'illusion ont déjà pris pied dans votre oeil. Ne foncez par sur un possible épilogue, la fin du monde n’est pas pour tout de suite…

 

15 min d’écriture – pas de lecture

 

atlasAprès le vide, le remplissage ; le monde est un village.

 

Re-prenez la page filtre.

Déposez votre élément naturel qq. part sur cette feuille, au hasard.

Attendez un peu.

 

Si votre chose bouge, évolue, trace, décrivez ce qu’elle fait.

Si rien ne semble bouger, alors, demandez à vos voisins de vous donner quelques mots (tout ce qui leur passe par la tête) tombés des ciels, mots grains que vous semez auprès de votre caillou, votre goutte d’eau, votre morceau d’oxygène,…

Tel un calligramme ou quelques gribouillis, le dessin-écriture s’alimente de la matière vivante et vitale, entre germe et mots.

Alimentez vous aussi votre feuille-terre-eau de quelques bribes, phrases ou mots autour de ceux qui ont été injectés.

Un seul côté de la feuille se remplit.

 

15 minutes de remplissage & partage – pas de lecture

 

 

Lever la tête et discerner quelques étoiles exposées.

Opération télescopage. Rêver, enfin.

 

Votre page trouée, noircie, cabossée, dessinée, bref, votre page qui n’est plus blanche,

offrez la à quelqu’un d’autre.

telescope de GaliléeGardez votre élément avec vous.

Vous recevez donc une feuille customisée.

Roulez-la en télescope, en longue-vue.
Regardez dedans, en l’air, vers une lumière.
D’ici-bas, observez les mots écrits dedans, ou à travers, si la feuille est transparente.

Retranscrivez sur votre carnet, vos autres pages, les mots que vous distinguez, tels que vous les lisez, qu’ils soient entiers, découpés, illisibles, ne demandez rien au donateur.

 

Construisez un texte qui reprend tous ces éléments soit les écrits précédents, en vrac et en vrille.

Gardez votre élément/objet près de votre main.

 

35 minutes d’écriture – lecture en verticales, en diagonales jusqu’à la fin de l’atelier (13h).

 

 

Pendant votre temps d’écriture, je vous demande de passer votre élément à votre voisin de droite. Celui-ci introduira le mot définissant l’émotion que cet objet lui provoque.

 

 

THE FIN

 

Vos textes bruts, retravaillés sont les bienvenus en commentaires du prochain article du site de l’Atelier pré-textes & sous-titres sur http://atelier-milady.skynetblogs.be/.

Si votre texte est envoyé à la Maison de la Francité, merci de me copier sur l’envoi (miladyrenoir@yahoo.co.uk).

 

Bonne chasse aux étoiles, n’importe où qu’elles se cachent !

21:02 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Ligne de partage [b]Ligne de partage[/b]
Dans deux minutes, le moment fatidique, le moment à célébrer : le passage sur la ligne de l’équateur. La voici qui serpente devant nos yeux. Serpente la ligne de l’équateur ? C’est étrange. Sur les mappemondes, dessine un cercle parfait entourant la terre.
Ce n’est pas pareil quand on y est. Le passage de la carte à la réalité du terrain probablement. Nous n’allons pas reculer. Cela fait si longtemps que nous désirons cet instant. Attablés sur les bords de cette mer brune, nous avançons, surfant sur les nervures, apercevant des îles éparses. Une feuille de laurier flotte, colorant l’eau d’une teinte verdâtre. Un os de phoque pointe vers le ciel, une bouteille vagabonde sur une vague sauvage. Des étendues blanches attendent l’atterrissage de mots, jetés pêle-mêle, tels des météorites, dont l’origine est perdue, effacée par le passage dans le cosmos glacé, irradiée par les ultraviolets des supernovas, brûlée lors de l’entrée dans l’atmosphère terrestre et pulvérisée dans l’impact sur le sol.
Les mots. Ce sont eux qui serpentent, qui nous troublent, qui nous disent que le chemin le plus court d’un point à un autre n’est pas le trait tiré sur le passé. Ils nous trompent sur ce que nous voyons.
Le passage tant rêvé ne se satisfait plus d’être un but sur le point d’être atteint. Il est le lieu où le temps se mêle à l’espace. C’est ici que nous désirons rester. Arpenter de long en large cette bande tendue à l’extrême, qui retient telle une ceinture nos désirs et nos peurs enfermés dans la boule qui se noue dans nos estomacs.
Chacun de son côté, les yeux rivés sur les rochers usés, les feuilles séchées, le sable brûlé, les flaques éparses qui évaporent au soleil. Chacun se retrouve au détour d’un chemin face à l’un ou l’autre. A chaque fois, la surprise de se voir là étonne. D’un sourire, la dernière découverte est exprimée et chacun continue sa route.
Un monticule de terre se dresse soudain devant moi. Je l’escalade, levant les yeux, quitte à me tordre la cheville, ou au pire, à me précipiter dans un gouffre. Un arbre est perché à son sommet. Mon regard cherche la cime. L’effort est intense. Sur chaque branche, une multitude de feuilles tremblent sous la brise. Une brise que je n’avais pas perçue qui enfle au point de me renverser de ses rafales. Je lutte pour me rapprocher du tronc. Son écorce est rugueuse, mes doigts y trouvent de quoi s’agripper. Mon corps se lie à cet être végétal. Mes yeux se ferment. Ils n’ont pas encore pu voir le ciel.

Écrit par : Benoit | 14/04/2009

Refuge de mots Seule une partie de son crâne est visible de mon observatoire de fortune. Je distingue des lignes sinueuses, surement ses mèches, certaines sont de couleur toile d’arachnide, d’autres d’ébène, toutes sont seules, flottant dans les airs, exemptes de tout mouvement.

Plus loin, sa prison se dresse plus solide que jamais. Il s’agit d’une sorte de cage végétale d’un vert criard à l’intérieur de laquelle une multitude d’objets plus étranges les uns que les autres sont éparpillés.
À sa droite, d’autres êtres, d’autres têtes, d’autres franges, oscillent doucement au gré des mouvements de leurs propriétaires, plus longs, plus courts, plus colorés.

Plus je tourne, plus le noir et le gris, couleurs qui malgré leur élégance manquent d’éclat et de gaieté, font place à une palette plus vive, créant par moments des nervures de couleur, petits rayons de douce lumière dans la coiffe de leurs hôtes. Pourtant, derrière les belles, d’autres barreaux d’un blanc immaculé montent la garde. Inébranlables et confiants.

Plus d’un sont enfermés dans le donjon de silence qui entoure les demoiselles ainsi que leurs beautés, et tout comme elles ils sont inconscients de leur sort. Ce cachot les maintient tous dans une ambiance d’une densité et d’une tristesse poignantes dont ils semblent se complaire avec une facilité et une joie déconcertantes.
Les résidents de ce lieu sont sans cesse à la tâche, tels des chevaliers à la poursuite d’une quête qui ne semble jamais prendre fin. Leurs mains sont prises de tremblements intermittents qui produisent des ondulations hasardeuses sur des feuilles de papier dociles, restent allongées quelques instants tandis que le regard de leur maître se porte vers le cosmos, puis reprennent frénétiquement et soudainement leur activité perpétuelle.

Je suis fasciné, attiré, séduit et même émerveillé par ces êtres autant qu’un félin l’est par un rongeur. Cette dévotion inexplicable me captive, le besoin, d’apparence vital, qu’ils ressentent de devoir transcrire des mots et sentiments sur support physique échappe à ma logique. Cependant, à mes yeux et tout à ma surprise, ils ont la beauté des premiers rayons du soleil de printemps après les agressions des intempéries saisonnières qu’apporte un interminable et rigoureux hiver.

Écrit par : Gaston | 18/04/2009

Sous le trou noir, l'espoir infini de la lumière ?

Écrit par : clé voiture | 17/08/2013

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