17/03/2010

Atelier autour de la Négritude - Maison de la Francité - Samedi 13 mars 2010

 

 

 

Atelier négritude : « de l'ombre au soleil » - Une rencontre Africaine

de l'ombre à la lumière

La première partie consacrée à la lecture, au contexte de la Négritude. Cet atelier est une invitation à saisir les sens, les notions de ce mouvement politique, social, universel, fondamental, poétique.

 

"J'ai rêvé d'un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus" 

Léopold Sédar Senghor

 

 

Un peu d’histoire pour replacer le contexte.

 

Parlant de la longue marche de l’abolition de l'esclavage. Cette liberté s'acquiert par la loi. Elle est annoncée par le texte ambigu et controversé : Le Code Noir. Ce code est un Edit de Louis XIV (dit le roi Soleil, bien que là il n'eut pas une idée lumineuse). Cet Edit date de mars 1685. Voici quelques uns des articles les plus épouvantables: L'article 2 oblige tout maître à faire baptiser ses esclaves à la religion catholique.  De plus, l'article 3 interdit tout exercice public d'autres religions que celle-ci sous peine de lourdes sanctions (torture, privation de nourriture, ...).  L'article 11 défend expressément aux curés de procéder aux mariages des esclaves,  s'ils ne bénéficient pas du consentement de leurs maîtres. L'article 13 énonce l'un des éléments des plus cruels : il stipule que "si le père est libre et la mère esclave, les enfants seront esclaves pareillement".  L'article 14 illustre particulièrement la barbarie des blancs : les esclaves qui mourront sans avoir reçu le baptême seront enterrés de nuit dans quelque champ voisin du lieu où ils seront décédés. L'article 22 énumère la ration modique de nourriture fournie à chaque esclave pour une semaine : - deux pots et demi de farine de manioc, - trois cassaves (galette cuite de farine de manioc) de deux livres et demi, - deux livres de bœuf salé ou trois livres de poissons.  - pour les enfants sevrés de moins de 10 ans, les rations seront divisées en deux.    

Cependant cette légalisation ne sera pas sans massacres ni révoltes. L'objectif des exploitants était de déshumaniser l'esclave, afin qu'il n'ait plus conscience de lui-même, ni même de ses possibilités. Si les toutes premières rébellions ont eu lieu dès 1526, en Caroline du Sud, la proclamation de l'abolition de l'esclavage engendre au sein des colonies et des exploitations d'autres révoltes. Les églises protestantes américaines sont les premières 1688 à déclarer l'esclavage comme contraire à l'esprit du christianisme. Il faudra attendre 1792 pour que les Danois abolissent la Traite des Noirs, pour que la France établisse "l'égalité des hommes de couleur et des hommes libres". En 1794, la France abolit l'esclavage officiellement. L'esclavage sera rétabli par Bonaparte en 1802.  En 1808, les chambres britanniques interdisent la traite, reste à l'imposer aux autres pays, chose difficile. La route triangulaire est une machine trop juteuse. La France abolit l'esclavage à l’instigation de Victor Schoelcher, en 1848. La traite sera définitivement supprimée en 1963, le dernier état étant l'Arabie Saoudite.  Les grands textes internationaux ponctuent cette progression : le 25 septembre 1926, les pays membres de la Société Des Nations signent la convention internationale sur l'esclavage. En 1848,  l'ONU adopte l'article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme : "Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. L'esclavage et la traite des esclaves sont, sous toutes les formes, interdites". 48 états signeront. En 19 57, l'Organisation Internationale du Travail (OIT), une branche de l'ONU, adopte la Convention de l'abolition du travail forcé. L'esclavage, s'il est interdit par la loi, persiste et revêt de nouvelles formes, ici ou ailleurs.

 

Vers la liberté (chronologie) :

 

1803 : Suppression de la traite par le Danemark (décision prise 10 ans avant).

1808 : Suppression officielle de la traite par les Etats-Unis et l'Angleterre

1815 : Le traité de Vienne pose le principe de la suppression internationale de la traite (Angleterre, France, Prusse, Russie, Autriche)

1827 : Début de la répression efficace de la traite en France.

1835 : Suppression de la traite par le Portugal.

1850 : Suppression de la traite au Brésil.

1860 : Quasi-disparition de la traite européenne.

1862 : Dernier envoi clandestin connu des esclaves du Mozambique au Brésil.

1863 : Suppression en Arabie Saoudite.

1784 : Première atténuation de l'esclavage dans les colonies anglaises.

1794 : Suppression théorique de l'esclavage dans les colonies françaises.

1818 : Condamnation de principe de l'esclavage au Congrès d'Aix-la-Chapelle.

1833 : Suppression théorique de l'esclavage par le Parlement anglais.

1848 : Suppression de l'esclavage dans les colonies françaises.

1856, 1871, 1888 : Suppression progressive de I 'esclavage au Brésil.

1861 à 1865 : Guerre de Sécession aux Etats-Unis et suppression de l'esclavage.

1862 : Abolition dans les Antilles hollandaises.

1866 à 1871 : Suppression de l'esclavage dans les colonies espagnoles (Cuba).

1876 : Suppression officielle de l'esclavage par la Turquie.

1885 : Conférence de Berlin: mesures contre l'esclavage.

1888 : Abolition de l'esclavage au Brésil.

1890 : Deuxième conférence de Berlin au de l'esclavage en Afrique.

1926 : Le 25 septembre, Convention Internationale sur l'esclavage.

1948 : Article 4 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, confirmé par la convention de 1956.

1980 : Abolition de l'esclavage en Mauritanie.

 

Et La Négritude nait :

 

    "La négritude sera révolutionnaire ou ne sera pas" criait Senghor, rêvant d'arracher les affiches des nègres Banania , sur les murs de Paris. Ses amis poètes se sont alors associés à lui pour rechercher leurs racines perdues et lutter contre l'assimilation. Cette renaissance part d'une quête intérieure, une descente aux enfers d'un Orphée qui revient à la lumière, vainqueur et transformé. L'habit de la connaissance, c'est la redécouverte de ces traditions, qui cache difficilement un corps blessé pur l'abominable sentiment de la différence. Renaissante, l'identité noire retrouve ses origines et s'épanouit dans l'écriture autobiographique; Bâ, Kane, Laye, racontent leur vie, jalonnée d’épreuves, influencée par l'assimilation occidentale mais consciente de ses rites. La tradition peut s'ébranler, l'épopée demeure. Le poète griot éternise le passé revisité ; la légende baoulé ou l'épopée de Chaka (Le héros noir, complexe, en rage Chaka Zulu (Afrique du Sud, qui a inspiré moult histoires, légendes et poèmes). la révolte culturelle est un retour aux sources ténébreuses pour revenir au monde victorieux, dans l'unité de sa culture. Tradition orale et écrits se rejoignent dans l'œuvre de Dadié, Sadji, l'ombre menace toujours mais elle grandit celui qui la fait naître. Lisons alors la littérature d'Afrique francophone du Sénégal, du Mali, de la Guinée, de la Côte d'Ivoire, celle des Antilles bien sûr (Créolité de Glissant, Chamoiseau, …), comme une formule d'expression pure qui nous fait entrer dans le rythme du sang pour entendre enfin le pouls profond de l'Afrique.

 

  La Négritude selon J. Paul Sartre : De l'ombre au soleil, l'existence est une reconquête de soi. Le peuple noir, ethnie sacrifiée, déportée, colonisée, a tenté sa renaissance dans le limon de sa souffrance. Le fer aux chevilles, il s'avance difficilement vers ce soleil, symbole de vie, qui réchauffe sa peau noire mais projette son ombre sur le sol de l'injustice. »

 

Et aussi :

 

  "La Négritude, c'est ce tam-tam lointain, dans les rues nocturnes de Dakar, ce sont ces cris vaudous sortis d'un soupirail haïtien et qui glissent au ras de la chaussée, c'est ce masque congolais mais c'est aussi ce poème de Césaire, baveux, sanglant, plein de glaires qui se tord dans la poussière comme un ver coupé"                      

 

Le sentiment de la Négritude selon L.S. Senghor et sa poésie:

 

 Le poème est comme une partition de jazz dont l'exécution est aussi importante que le texte. D'un recueil à l'autre, cette idée s'est fortifiée en moi et lorsqu’en tête d'un poème, je donne une indication instrumentale, ce n'est pas simple formule. Le même poème peut donc être récité, je ne dis pas déclamé, psalmodié ou chanté.   Les poèmes nègres sont soumis tyranniquement à la musique intérieure, d'abord au rythme. La négritude se pare d'une beauté tragique qui ne trouve d'expression que dans la poésie.

 

« L’émotion est nègre, la raison est hellène. »

 &

« La Négritude est la somme des valeurs culturelles du Monde Noir. »

 

Parlons à présent d’une symbolique importante du retour au pays natal, justement. L’Afrique, terre mère.

 

Deux Poèmes :

 

Afrique de David Diop (1927-1961)

A ma mère,

 

Afrique, mon Afrique,

Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales

Afrique que chante ma grand-mère

Au bord de ton fleuve lointain

je ne t'ai jamais connue

Mais mon regard est plein de ton sang.

Ton beau sang noir à travers les champs répandu

le sang de ta sueur

La sueur de ton travail

Le travail de l'esclavage

L'esclavage de tes enfants

Afrique dis-moi Afrique

Est-ce donc toi ce dos qui se courbe

Et se couche sous le poids de l'humilité

Ce dos tremblant à zébrures rouges

Qui dit oui au jouet sur la route de Midi ?

Alors gravement une voix me répondit

Fils impétueux cet arbre robuste et jeune

Cet arbre là-bas

Splendidement seul au milieu des fleurs blanches et fanées

C'est l'Afrique ton Afrique qui repousse

Qui repousse patiemment obstinément

Et dont les fruits sont peu à peu

L'amère saveur de la liberté.

 

Et Femme nue, femme noire de LSS

 

Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté

J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux

Et voilà qu’au cœur de l’Eté et de Midi,

Je te découvre, Terre Promise, du haut d’un haut col calciné

et ta beauté me foudroie en plein cœur, comme l’éclair d’un aigle

Femme nue, femme obscure

Fruit mûr à la chair ferme, sombres extases de vin noir,

Bouche qui fait lyrique ma bouche

Savane aux horizons purs, savane qui frémis aux caresses ferventes du Vent

d’est                                                                                                          

Tamtam sculpté, tamtam tendu qui gronde sous les doigts du vainqueur

Ta voix grave de contralto est le chant spirituel de l’Aimée

Femme noire, femme obscure

Huile que ne ride nul souffle, huile calme aux flancs de

L’athlète, aux flancs des princes du Mali

Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau.

Délice des jeux de l’Esprit, les reflets de l’or ronge ta peau qui se moire

A l’ombre de ta chevelure s’éclaire mon angoisse aux soleils prochains de

tes yeux.                                                                                           

Femme nue, femme noire

Je chante ta beauté qui passe, forme que je fixe dans l’Eternel

Avant que le destin jaloux ne te réduise en cendre pour

nourrir les racines les racines de la vie

 

Ode à la Mère Créatrice, à la Gaïa Noire, à la Nourrice, à l’Infante Mangeuse…

Personnage lyrique, symbolique, métaphysique ou très physique.

 

Deux poèmes sur l’idée de la Négritude par ses initiateurs :

 

Ma Négritude point n’est sommeil de la race mais soleil

De l’âme, ma négritude vue et vie

Ma Négritude est truelle à la main, est lance au poing

Réécade. Il n’est question de boire, de manger l’instant qui passe

Tant pis si je m’attendris sur les roses du Cap-Vert !

Ma tâche est d’éveiller mon peuple aux futurs flamboyants

Ma joie de créer des images pour le nourrir,

Ô lumières rythmées de la Parole !                                                             

 Léopold Sedar Senghor

 

Ma négritude

 

Ma négritude n'est pas une pierre, sa surdité ruée contre la clameur du jour

Ma négritude n'est pas une taie d'eau morte sur l'œil mort de la terre

Ma négritude n'est ni une tour ni une cathédrale.

Elle plonge dans la chair rouge du sol

Elle plonge dans la chair ardente du ciel

Elle troue l'accablement opaque de sa droite patience.

Eia pour le Katicedrat royal !

Eia pour ceux qui n'ont jamais rien inventé

Pour ceux qui n'ont jamais rien exploré

Pour ceux qui n'ont jamais rien dompté.

Mais ils s'abandonnent, saisis, à l'essence de toute chose

Ignorants des surfaces mais suivis par le mouvement de toute chose

Insoucieux de dompter, mais jouant le jeu du monde véritablement les fils aînés du monde

Poreux à tous les souffles du monde lit sans drain de toutes les eaux du monde

Etincelle du feu sacré du monde Chair de la chair du monde palpitant du mouvement même du monde !

Tiède petit matin de vertus ancestrales.

Sang ! Sang ! Tout notre sang ému par le cœur mâle du soleil

Ceux qui savent la féminité de la lune aux corps d'huile

L'exaltation réconciliée de l'antilope et de l'étoile

Ceux dont la survie chemine en la germination de l'herbe !

Eia parfait cercle du monde et close concordance !

Ecoute ses victoires proditoires trompéter ses défaites

Ecoute aux alibis grandioses son piètre trébuchement

Pitié pour nos vainqueurs omniscients et naïfs !

Eia pour la douleur aux pis de larmes réincarnées

Pour ceux qui n'ont jamais rien exploré

Pour ceux qui n'ont jamais rien dompté.

Eia pour la joie

Eia pour l'amour

Eia pour la douleur aux pis de larmes réincarnées.

 

Aimé CESAIRE, Cahier d'un retour au pavs natal

 

 

Les thèmes que la Négritude : La fraternité (dans la vie et dans la mort), le rapport à la nature, direct et soumis (la Nature est plus que tout), la magie et le rite autour des morts (l’appel des ancêtres, le respect des bafoués, …), l’image maternelle de la Femme qui donne naissance, les cycles de vie et de mort, l’Afrique, les racines, la revendication de la différence, de la couleur et culture noires, … 

Mention de l’autolouange[1] & l’oralité du texte (rythme, structure, sonorités, etc.).

 

 

 

Lecture si encore du temps :

Et moi, et moi, moi qui chantais le poing dur. Il faut savoir jusqu'où je poussai la lâcheté.

Un soir dans un tramway en face de moi, un nègre. C'était un nègre grand comme un pongo qui essayait de se faire tout petit sur un banc de crasseux de tramway ses jambes gigantesques et l'avait laissé, le laissait. Son nez qui semblait une péninsule en dérade et sa négritude même qui se décolorait sous l'action d'une inlassable mégie. Et le mégisser était la Misère. Un gros oreillard subit dont les coups de griffes sur ce visage s'était un ouvrier in fatigable, la Misère, travaillant à quelque cartouche hideux. On voyait très bien comment le pouce industrieux et malveillant avait modelé le front en bosse,  percé le nez de deux tunnels parallèles et inquiétants, allongé la démesure de la lippe, et par un chef-d’œuvre caricatural, raboté, poli, verni la plus minuscule mignonne petite oreille de la création. C'était un nègre dégingandé sans rythme ni mesure. Un nègre dont les yeux roulaient une lassitude sanguinolente. Un nègre sans pudeur et ses orteils ricanaient de façon assez puante au fond de la tanière entre bâillée de ses souliers. La misère, on ne pouvait pas dire, s'était donné un mal fou pour l'achever. 

Elle avait creusé l'orbite, l'avait fardée d'un fard de poussière et de chassie mêlées. Elle avait tendu l'espace vide entre l'accroche- ment solide des mâchoires et les pommettes d'une vielle joue décatie. Elle avait planté dessus les petits pieux luisants d'une barbe de plusieurs jours. Elle avait affolé le cœur, voûté le dos. Et l'ensemble faisait parfaitement un nègre hideux, un nègre grognon, un nègre mélancolique, un nègre affalé, ses mains réunies en prière sur un bâton noueux. Un nègre enseveli dans une vieille veste élimée. Un nègre comique et laid et des femmes derrière moi ricanaient en le regardant. Il était comique et laid, comique et laid pour sûr. J'arborai un grand sourire complice Ma lâcheté retrouvée!

                                     

 Aimé Césaire (Extrait du Cahier d’un retour au pays natal)

 

 

Exemple d’Autolouange :

 

Je m’appelle Marthe-Marie : Marthe, l’active, Marie, la contemplative.

Agnelle-bélière d’un troupeau de montagne, je suis née au printemps, je cours toujours, tout devant.  Au lit des océans, du coeur d’un soleil en fleur, je suis née. D’un coup sec le vent m’a dépliée comme une voile.  Cent mille violons m’ont remplie de musique.  Amérindienne je suis, fille du ciel toujours changeant et de la mer par les yeux.  La terre est ma mère, le soleil, mon père, les rivières, mes soeurs, les fleuves, mes frères.  Africaine à la peau blanche, je retourne aux racines, je marche dans la jungle.  Je trace un sentier à coups de machette. Vêtue d’arc-en-ciel, funambule je marche au-dessus de l’abîme.  Dieu m’a donné son balancier : il empêche ma chute. Gitane je chante et danse autour du feu la nuit. Venez toutes et tous dans ma ronde ! Jusqu’au petit matin, écoutez mon piano. Qu’il vous enchante ! Mon coeur est une fête dans un verger : venez, voyez, respirez, goûtez, les fruits que je vous ai choisis, le miel, le pain, le cidre des jardins...  http://www.reajc.be/pourlebonheur/fr/article.php3?id_article=18

 

 

Médiathèque présente sur place et/ou évoquée :

 

BOOKS :
Terre d’ébène d’Albert Londres

Peaux blanches, masques noirs de W.T. Lhamon Jr.

Dictionnaire de la Négritude de Mongo Beti & Odile Tobner

La rue de Nathan Heard

Fictions de l’étranger (revue) N°6 chez Quasimodo

Les enfants, Deogratias de Stassen (BD)

Un fou noir au pays des blancs de Pie Tshibanda

Pimp, Mama Black Widow de Iceberg Slim

Suave comme l’éternité de Georpe P. Pelecanos

Peaux noires, masques blancs de Frantz Fanon

Magie Noire de Paul Morand

L’aveugle au pistolet de Chester Himes

Le noir de Gérald Georges Lemaire (beau livre)

Le chant de Salomon & Beloved de Toni Morrison

Life Doesn't Frighten Me de Maya Angelou illustré par Jean-Michel Basquiat

Contes d’Awa de Birago Diop

Ethiopiques de Léopold Sedar Senghor

 

CD :
The message de Cymande

Percussions pour la transe de Guem

Collector’s set de Nina Simone

Strange Fruit de Billie Holliday

Le sens d’un combat de George Jackson & Angela Davis

Zombie de Fela Kuti

Best of de Myriam Makeba

 

DVD/films:

Precious tire du livre de Sapphire “Push”

Do the right thing de Spike Lee

The World, the Flesh, and the Devil avec Harry Belafonte

Guess who’s coming for dinner tonight de Glenn Barbe

Ryze de David Lachapelle

Cotton Club

+ http://www.afro-style.com/films.php

affiche
 



[1] N.S. KABUTA : http://www.reajc.be/pourlebonheur/fr/article.php3?id_article=51  Quelques repères concrets :

  L’importance du prénom. Demander à ses parents pourquoi ils ont choisi votre prénom, ce qu’il signifie, son histoire. Il y a le nom qu’on a reçu et celui que l’on se donne : un nom poétique est chargé d’émotion.  Nous sommes tous de très grands héros : l’éloge de soi, c’est faire l’éloge de ceux par qui nous sommes ce que nous sommes : les parents, les frères et soeurs, ceux qui sont partis et ceux qui viendront, les professeurs, les animateurs, les amis... C’est l’occasion de remercier ceux qui nous ont mis au monde (au sens large) et de les faire connaître aux autres. C’est aussi nous mettre en relation avec l’endroit où nous vivons habituellement. Le rythme dans la poésie (éventuellement accompagné de percussion) libère de la peur. Le héros récite son autolouange chaque fois qu’il est en difficulté. Cela lui donne une force hors du commun. Que trouve-t-on dans l’autolouange poétique, outre le rythme ? *des « noms » : ceux qu’on a reçu et ceux que l’on se donne ;

*des « redondances » = répétitions, donner beaucoup d’explications ;  *des images ; *de l’émotion (joie, tristesse, peur, colère) ; *de l’humour ; *création d’une filiation fictive (enfant de... imaginaire) ; *art pas seulement tourné vers le passé mais aussi vers l’avenir ; *de l’histoire et de la géographie.  En faisant sa propre louange, on apprend à faire la louange des autres.

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  L’importance du prénom. Demander à ses parents pourquoi ils ont choisi votre prénom, ce qu’il signifie, son histoire. Il y a le nom qu’on a reçu et celui que l’on se donne : un nom poétique est chargé d’émotion.  Nous sommes tous de très grands héros : l’éloge de soi, c’est faire l’éloge de ceux par qui nous sommes ce que nous sommes : les parents, les frères et soeurs, ceux qui sont partis et ceux qui viendront, les professeurs, les animateurs, les amis... C’est l’occasion de remercier ceux qui nous ont mis au monde (au sens large) et de les faire connaître aux autres. C’est aussi nous mettre en relation avec l’endroit où nous vivons habituellement. Le rythme dans la poésie (éventuellement accompagné de percussion) libère de la peur. Le héros récite son autolouange chaque fois qu’il est en difficulté. Cela lui donne une force hors du commun. Que trouve-t-on dans l’autolouange poétique, outre le rythme ? *des « noms » : ceux qu’on a reçu et ceux que l’on se donne ;

*des « redondances » = répétitions, donner beaucoup d’explications ;  *des images ; *de l’émotion (joie, tristesse, peur, colère) ; *de l’humour ; *création d’une filiation fictive (enfant de... imaginaire) ; *art pas seulement tourné vers le passé mais aussi vers l’avenir ; *de l’histoire et de la géographie.  En faisant sa propre louange, on apprend à faire la louange des autres.

l1o xenfant de... imaginaire) ; *art pas seulement tourné vers le passé mais aussi vers l’avenir ; *de l’histoire et de la géographie.  En faisant sa propre louange, on apprend à faire la louange des autres.

 

 

 

 

 

14:57 Écrit par Milady dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Famille Africaine
FAMILLE AFRICAINE
Fils du fleuve Congo,
Je suis le neveu du Nil
Et, qu’importe leur couleur de peau,
Mes cousines et cousins tels des limons fertiles
Recouvrent les sommets de l’Atlas
Jusqu’au Cap de Bonne Espérance.
Issu d’une lignée royale et de guerrier,
Mon patronyme est celui de mon ancêtre Chaka Zulu.
Mes racines profondes sont égyptiennes
Et mon arbre généalogique est Bantou.
Comprenant divers peuples de couleur ébène
Où se mêle Maures, Pygmées, Peuls et Nilotiques,
Mes origines ne sont pas métissées mais exotiques.
Victime du tracé des frontières artificielles,
C’est à Berlin, entre 1884 et 1885, que mon sort fut scellé
Par une poignée de colons sans scrupules.
Bien que ma terre soit lacérée et assiégée à des fins de lucre
Par des Hollandais, Anglais, Français, Belges, Italiens et Portugais,
Je ne cesse de lutter contre ceux qui tirent les ficelles,
Et prône le panafricanisme comme Kwame Nkrumah.
Porte-parole des Nations Nègres, j’ai un devoir de mémoire,
Car les écoles et universités méconnaissent notre histoire,
Appelle-moi Anta Diop !



Les épines et nids-de-poule sur ma route furent légion,
Je me rappelle du commerce triangulaire, du Code noir
Sous l’égide du Roi Soleil, béni par Rome et sa religion.
Mutilé et éloigné de ma terre natale par les empereurs de la honte,
Je n’étais qu’une bête de somme dans les champs de coton
Au pays de l’oncle Sam des siècles durant.
Après avoir essuyé esclavagisme, traite négrière,
Colonialisme et apartheid sous le joug de l’Occident
C’est à mes dépens que j’ai compris l’apport de sa civilisation.
Mes pères, Lumumba, Steve Biko, Sankara et tant d’autres,
Payèrent un lourd tribut afin que moi et les futures générations
Jouissions de nos richesses sans rendre des comptes aux autres.
Assujetti, spolié, manipulé puis contrôlé par les négriers d’hier,
Aujourd’hui, je mendie du pain et du jus contre mes mines aurifères.
Brisé par la famine, le chômage, le manque d’instruction, la pauvreté,
En proie à des guerres intestines et tant d’autres plaies,
Je me réfugie dans la musique et cherche du réconfort dans la prière.
M’inspirant de poètes de L’Art d’Etre Humain et de la Négritude,
Ma plume se veut authentique pour ne pas tomber en désuétude,
Bien qu’elle rende hommage au continent à la forme d’un revolver.
Après avoir dressé le portrait de cette grande famille africaine,
Je tourne mes regards vers sa progéniture endurant misère et peines
Et constate qu’elle est radieuse, battante et a fière allure
En dépit de ses nombreuses blessures et fractures.

NB : L’Art d’Etre Humain = plate-forme de poésie sur Internet qui réunit plus de 70 auteurs.
(www.lartdetrehumain.net)

Écrit par : Malik Bee | 24/03/2010

Famille Africaine (retravaillée)
Famille africaine, Famille élargie
Fils du fleuve Congo,
Je suis le neveu du Nil.
Et, qu’importe leur couleur de peau,
Mes cousines et cousins, tels des limons fertiles,
Recouvrent les sommets de l’Atlas
Jusqu’au Cap de Bonne Espérance.

Issu d’une lignée royale et de guerriers,
Mon patronyme est celui de mon ancêtre Shaka Zulu.
Mes racines profondes sont égyptiennes
Et mon arbre généalogique est Bantou.
Comprenant divers peuples de couleur ébène
Où se mêlent Bochimans, Maures, Pygmées, Peuls et Nilotiques,
Mes origines ne sont pas métissées mais exotiques.

Victime du tracé des frontières artificielles,
C’est à Berlin, entre 1884 et 1885, que mon sort fut scellé
Par une poignée de colons sans scrupules.
Bien que ma terre soit lacérée et assiégée à des fins de lucre
Par des Hollandais, Anglais, Français, Belges, Italiens et Portugais,
Je ne cesse de lutter contre ceux qui tirent les ficelles
Mais déplore le manque d’unité au sein de ma famille élargie, craquelée.

Porte-parole des Nations Nègres, j’ai un devoir de mémoire,
Car les écoles et universités méconnaissent mon histoire,
Appelle-moi Anta Diop !
Les épines et nids-de-poule sur ma route furent légion,
Je me rappelle du commerce triangulaire, du Code noir
Sous l’égide du Roi Soleil, béni par Rome et sa religion.
Mutilé et éloigné de ma terre natale par les empereurs de la honte,
Je n’étais qu’une bête de somme dans les champs de coton
Au pays de l’oncle Sam, des siècles durant.

















Après avoir essuyé esclavage et traite négrière,
Colonialisme et apartheid sous le joug de l’Occident,
C’est à mes dépens que j’ai compris l’apport de sa civilisation.
Mes pères, Lumumba, Steve Biko, Sankara et tant d’autres,
Payèrent un lourd tribut afin que moi et les futures générations
Jouissions de nos richesses sans rendre des comptes aux autres.

Assujetti, spolié, manipulé puis contrôlé par les négriers d’hier,
Aujourd’hui, je mendie du pain et du jus contre mes mines aurifères.
Brisé par la famine, le chômage, le manque d’instruction, la pauvreté,
En proie à des guerres intestines et tant d’autres plaies,
Je me réfugie dans la musique et cherche du réconfort dans la prière.

M’inspirant des poètes de L’Art d’Etre Humain et de la Négritude,
Ma plume se veut authentique pour ne pas tomber en désuétude,
Bien qu’elle rende hommage au continent à la forme d’un revolver.
Après avoir dressé le portrait de cette grande famille africaine,
Je tourne mes regards vers sa progéniture endurant misère et peines
Et constate qu’elle est radieuse, battante et a fière allure
En dépit de ses nombreuses blessures et fractures.


—MALIK BEE

Écrit par : Malik Bee | 29/04/2010

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